Dans la bande de Gaza, la diminution des approvisionnements et des distributions alimentaires fait renaître les craintes d’une aggravation de la faim. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a réduit le nombre de personnes aidées, tandis que les arrivages commerciaux et humanitaires restent irréguliers. Cette dégradation intervient alors que l’hiver approche et que près d’un million d’habitants vivent dans des abris de fortune exposés aux inondations, selon les Nations unies.
Le PAM soutenait auparavant environ 1,6 million de Palestiniens dans l’enclave. Il n’est désormais plus en mesure d’en assister que 1,1 million, d’après les informations rapportées par +972 Magazine. Cette réduction est liée à un déficit de financement. Elle menace également les cuisines communautaires, dont la production quotidienne de repas a diminué de 12 %, pour atteindre environ 614 000 portions.
« Nous n’avons pas d’argent pour acheter les légumes ou la farine blanche qui restent sur le marché », a déclaré Rida Eliwa à +972 Magazine.
Âgée de 60 ans, cette habitante de Gaza tente de nourrir 36 enfants, dont ses petits-enfants devenus orphelins, selon le récit publié par le média. Elle dépend largement des distributions caritatives et des restes donnés par des familles déplacées. Dans de nombreux cas, les repas se limitent à du pain et du thé, alors que les produits frais et la viande demeurent rares ou hors de portée pour une partie importante de la population déplacée.
Des arrivages en recul
Les chiffres de l’Autorité palestinienne chargée des points de passage et des frontières font état d’une contraction marquée des entrées en octobre. Le nombre de camions commerciaux arrivés dans la bande de Gaza a baissé de plus de moitié par rapport à septembre. Tous types de cargaisons confondus, le volume total des camions a diminué de plus d’un quart. Des convois commerciaux et humanitaires ont bien repris par intermittence depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025, mais cette reprise ne suffit pas à rétablir un accès régulier et abordable à la nourriture.
| Indicateur | Évolution rapportée |
|---|---|
| Personnes aidées par le PAM | De 1,6 million à 1,1 million |
| Repas préparés chaque jour | Environ 614 000, soit 12 % de moins |
| Camions commerciaux en octobre | Plus de 50 % de baisse sur un mois |
Des infrastructures toujours fragilisées
La pénurie alimentaire s’ajoute aux difficultés qui affectent l’eau, la santé et les conditions de logement. Le manque de carburant, d’huile moteur et d’autres fournitures essentielles perturbe les services indispensables, selon les éléments cités par +972 Magazine. Les Nations unies estiment par ailleurs que près de 1 million de personnes résident dans des installations provisoires présentant un risque moyen à élevé d’inondation. La reconstruction de la bande de Gaza reste empêchée par les autorités israéliennes, toujours selon ces informations.
La baisse des aides touche particulièrement les personnes souffrant de maladies chroniques ou d’allergies alimentaires, pour lesquelles la réduction de la diversité des produits disponibles complique davantage l’accès à une alimentation adaptée. Les données disponibles décrivent ainsi une population dépendante de l’aide, confrontée à des prix élevés, à des arrivages instables et à la réduction des programmes de distribution. Le PAM n’a pas annoncé, dans les éléments rapportés, de calendrier pour un rétablissement de sa couverture antérieure.