À al-Mughayyir, village palestinien situé au nord-est de Ramallah, la rentrée scolaire s’est préparée sous haute tension. Les enseignants de l’établissement secondaire public ont consacré les vacances d’été à renforcer la protection des bâtiments, alors que des attaques de colons israéliens ont marqué l’année précédente et suscité la crainte des familles.
Selon le quotidien britannique The Guardian, les parents ont dû être convaincus de renvoyer leurs enfants à l’école. Cinq élèves adolescents auraient été tués par des colons israéliens au cours de la précédente année scolaire, dont un à proximité immédiate de l’établissement. Pour rassurer les familles, l’école a organisé une visite de ses installations après plusieurs travaux de sécurisation.
Des travaux pour protéger les salles de classe
Des clôtures métalliques ont été ajoutées au-dessus des murs qui entourent la cour. L’ancienne porte a été remplacée par un portail renforcé. Un nouveau mur protège désormais les salles de classe d’une colline située à proximité, depuis laquelle un colon avait, au cours de l’année scolaire précédente, tué par balle deux personnes, dont un élève, rapporte The Guardian.
« Notre objectif est que les enfants soient protégés. »
L’établissement se trouve à l’extrémité du village, près de son entrée, dans une zone où des raids de colons ont régulièrement lieu. Le journal britannique décrit une localité d’environ 3 000 habitants, dont l’accès est fortement perturbé. Des habitants affirment que des colons armés entrent dans le village, agressent des résidents, s’en prennent à des maisons et emportent du bétail.
Un village soumis aux restrictions d’accès
Des postes de contrôle installés par des soldats israéliens peuvent empêcher les habitants d’entrer ou de sortir pendant plusieurs heures, selon le reportage. L’école, isolée près de l’entrée d’al-Mughayyir, se trouve ainsi dans un environnement où les déplacements quotidiens des élèves et de leurs familles sont soumis à des restrictions.
The Guardian rapporte qu’une attaque menée en septembre par plusieurs dizaines de colons venus d’avant-postes établis sur des hauteurs a laissé au moins cinq voitures incendiées. Des soldats israéliens étaient présents dans le village au moment des faits, selon le journal. L’article ne rapporte pas de réponse des autorités israéliennes sur les attaques décrites ni sur les mesures prises à l’encontre de leurs auteurs.
Les habitants interrogés estiment que ces violences s’inscrivent dans une dynamique plus large visant, selon eux, à pousser les Palestiniens à quitter leurs terres. Ils rapprochent la situation d’al-Mughayyir de celle de petites communautés palestiniennes déjà parties après des attaques et des pressions répétées. Ils redoutent désormais que les mêmes méthodes rendent la vie impossible à l’ensemble du village.
Dans l’immédiat, la reprise des cours dépend donc de dispositifs matériels destinés à limiter l’exposition des élèves aux violences extérieures. La présence de barrières, de murs et d’un portail renforcé ne met toutefois pas fin aux restrictions de circulation ni aux raids signalés autour de la localité.