Le Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, enquête sur la possibilité que l’Autorité palestinienne ait transféré de l’argent à des membres de partis arabes afin d’influencer les élections israéliennes du 27 octobre 2026, a rapporté lundi la chaîne N12, citée par le Jerusalem Post. Les investigations en sont encore à leur stade préliminaire. Les enquêteurs n’ont pas établi si un transfert a effectivement eu lieu, quel en aurait été le montant ni à quelle fin les fonds auraient été utilisés.
Cette piste s’inscrit dans une enquête plus large sur de possibles ingérences étrangères dans le scrutin. Les services israéliens examinent notamment des accusations selon lesquelles de l’argent provenant du Qatar aurait été remis à une personnalité politique de la Liste commune, coalition regroupant les partis arabes Hadash, Taal et Balad. Selon N12, les enquêteurs auraient identifié un circuit par lequel ces fonds seraient parvenus à cette personnalité, avec pour objectif présumé de favoriser la participation électorale.
Des soupçons encore non établis
Plus tôt cette semaine, le Shin Bet avait ouvert des vérifications concernant un député actuellement en fonction de la Liste commune. Celui-ci aurait reçu plusieurs milliers de shekels du Qatar, somme qui aurait ensuite été utilisée par le parti dans sa campagne électorale, toujours selon N12. Les enquêteurs cherchent à déterminer si ces fonds ont servi à des activités électorales contraires à la loi.
Le nouveau volet évoqué par les médias israéliens porte cette fois sur un éventuel financement en provenance de l’Autorité palestinienne. Le Jerusalem Post ne fait état d’aucune conclusion établissant l’existence d’un versement, ni d’une réaction de l’Autorité palestinienne ou de la Liste commune aux accusations rapportées. À ce stade, ces éléments relèvent donc de soupçons examinés par les autorités israéliennes et non de faits établis.
- 27 octobre 2026 : tenue des élections à la 26e Knesset.
- Enquête préliminaire : aucun montant ni transfert impliquant l’Autorité palestinienne n’a été confirmé.
- Volet distinct : les enquêteurs examinent également une possible provenance qatarie de fonds destinés à la Liste commune.
Une séquence politique sous tension
Les résultats officiels doivent être présentés au président israélien Isaac Herzog mercredi. Des consultations sur la formation du prochain gouvernement doivent ensuite commencer. L’enquête intervient ainsi au moment où les partis se préparent à négocier la constitution d’une majorité et où la participation des formations représentant les citoyens palestiniens d’Israël constitue un enjeu politique important.
Le rapport du Jerusalem Post rappelle par ailleurs que Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, fait face à une forte insatisfaction dans l’opinion palestinienne. Un sondage récent cité par le journal ferait apparaître un soutien massif à sa démission, ainsi que des doutes croissants sur le rôle et la légitimité de l’Autorité palestinienne. Aucun résultat chiffré de cette enquête n’est toutefois fourni dans l’article.
La procédure israélienne devra encore établir la nature des éventuels contacts, l’origine des fonds et leur usage. Tant que ces éléments ne sont pas documentés par les enquêteurs, l’hypothèse d’un financement de la campagne électorale par l’Autorité palestinienne demeure une accusation à vérifier.