La mise en œuvre complète du cessez-le-feu à Gaza et l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire doivent constituer les priorités immédiates de la diplomatie régionale, a déclaré samedi Musa Kulaklıkaya, vice-ministre turc des Affaires étrangères. Il s’exprimait lors du Dialogue de Manama, organisé à Bahreïn par l’Institut international d’études stratégiques.
Le responsable turc a également cité la reconstruction de la bande de Gaza et l’ouverture d’une voie politique vers un État palestinien indépendant, fondé sur la solution à deux États. Ses propos interviennent dans le cadre d’une coordination entre plusieurs pays musulmans et arabes, qui cherchent à peser sur l’issue de la guerre à Gaza et sur les conditions d’un règlement politique du conflit israélo-palestinien.
« La priorité est désormais la mise en œuvre complète du cessez-le-feu, l’aide humanitaire sans entrave, la reconstruction de Gaza et une voie politique vers un État palestinien indépendant, sur la base de deux États », a déclaré Musa Kulaklıkaya lors du Dialogue de Manama.
Une coordination diplomatique centrée sur Gaza
Selon le vice-ministre turc, un groupe réunissant huit pays coordonne ses efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre à Gaza. Cette concertation rassemble la Türkiye, l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Pakistan et l’Indonésie. Musa Kulaklıkaya n’a pas détaillé, dans son intervention, les modalités concrètes prévues pour l’entrée de l’aide ou la reconstruction.
| Cadre de coordination | Pays mentionnés | Objectif présenté |
|---|---|---|
| Groupe de huit pays | Türkiye, Égypte, Jordanie, Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis, Pakistan, Indonésie | Coordonner la diplomatie pour mettre fin à la guerre à Gaza |
| Format « R4 » | Türkiye, Arabie saoudite, Égypte, Pakistan | Favoriser la diplomatie et une architecture régionale de sécurité |
Le responsable turc a aussi évoqué le format dit « R4 », qui réunit la Türkiye, l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Pakistan. Ce groupe s’est retrouvé à Istanbul la semaine précédente, tandis que la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie ont participé à une consultation distincte avec leurs homologues. Pour Ankara, ces échanges doivent contribuer à bâtir une architecture de sécurité régionale durable et à privilégier la coopération entre les pays concernés.
Ankara défend une approche régionale de la sécurité
Musa Kulaklıkaya a estimé que la sécurité régionale devait être organisée par les États de la région eux-mêmes. Il a présenté cette approche comme une réponse à plusieurs crises liées entre elles, parmi lesquelles le conflit israélo-palestinien, la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran mentionnée dans son intervention, la crise au Yémen, les attaques attribuées aux Houthis contre l’Arabie saoudite et les tensions autour des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb.
Le vice-ministre a également rappelé la signature, par la Türkiye, l’Arabie saoudite et le Pakistan, d’un accord de La Mecque consacré à la défense commune. Il l’a décrit comme inclusif et défensif, reposant sur la non-agression et le respect mutuel. La Türkiye, le Qatar, le Pakistan et l’Indonésie ont par ailleurs signé un mémorandum de coopération dans l’industrie de défense, selon son intervention.
En reliant la question de Gaza aux enjeux de sécurité maritime et de coopération régionale, Ankara affirme vouloir inscrire la réponse à la crise humanitaire dans un cadre diplomatique plus large. Musa Kulaklıkaya a insisté sur le caractère indivisible de la sécurité maritime, estimant qu’une attaque contre la navigation dans une zone pouvait perturber les chaînes d’approvisionnement, les marchés de l’énergie et la sécurité alimentaire dans d’autres régions. Il a indiqué que la Türkiye soutenait la liberté de navigation dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb.