Humanitaire

À Gaza, MSF décrit une crise humanitaire sans espace sûr pour les civils

En visite au Luxembourg, le président international de Médecins sans frontières, Javid Abdelmoneim, revient sur la situation à Gaza, le danger encouru par les personnels et les conséquences des baisses de financements internationaux.

À Gaza, MSF décrit une crise humanitaire sans espace sûr pour les civils
©Illustration IA Hind Sabbagh / fr.palestinaliberation.com

En visite au Luxembourg, le président international de Médecins sans frontières (MSF), Javid Abdelmoneim, a décrit la bande de Gaza comme l’un des contextes humanitaires les plus extrêmes auxquels il a été confronté. Dans un entretien publié le 29 octobre 2026 par L’essentiel, il a également alerté sur les effets des réductions de financements décidées par plusieurs pays européens et par les États-Unis.

ÉlémentInformation
IntervenantJavid Abdelmoneim, président international de MSF
Lieu de l’entretienLuxembourg
Expérience à GazaPlusieurs mois de travail en 2024

Une population concentrée sur un territoire réduit

Interrogé sur le caractère exceptionnel de la situation à Gaza, Javid Abdelmoneim a évoqué plusieurs dimensions simultanées : l’intensité de la campagne de bombardements dans une zone civile, la concentration d’un grand nombre de personnes sur un espace très limité et l’absence de lieu réellement sûr pour se mettre à l’abri. Il a aussi estimé que la destruction du système de soins et de santé publique y atteignait un niveau particulièrement important.

« Est-ce la campagne de bombardements la plus intense que j’aie connue dans une zone civile ? Oui. Est-ce que j’ai vu autant de personnes concentrées dans un territoire aussi réduit, sans espace sûr où se réfugier ? Oui. »

Le responsable de MSF a toutefois replacé son témoignage dans une perspective plus large. Selon lui, certains aspects de la situation observée à Gaza existent également dans d’autres conflits, notamment au Tigré, au Soudan, au Soudan du Sud et en Ukraine. Cette comparaison ne diminue pas, a-t-il expliqué, la gravité de la destruction des services de santé dans l’enclave palestinienne.

Le danger pour les personnels humanitaires

Javid Abdelmoneim a travaillé plusieurs mois à Gaza en 2024. Il a distingué la peur ressentie individuellement du niveau de risque encouru sur place. Il a indiqué ne pas avoir eu peur pour sa vie, tout en reconnaissant que les employés de MSF pouvaient être tués à tout moment. Il a également refusé de présenter les travailleurs humanitaires internationaux comme exposés à un danger supérieur à celui de la population générale.

Le président international de MSF a insisté sur la dimension privilégiée de sa propre position : son statut d’employé international ne le plaçait pas, selon lui, dans une situation plus risquée que les habitants de Gaza. Cette précision met en évidence l’écart entre la protection relative dont peuvent parfois bénéficier les équipes étrangères et l’exposition permanente des civils palestiniens vivant dans l’enclave.

Les financements internationaux en baisse

L’entretien a également porté sur les moyens consacrés à l’aide publique au développement. Javid Abdelmoneim a salué la décision du gouvernement luxembourgeois de maintenir son engagement à consacrer 1 % de son revenu national brut à cette aide. Il a, à l’inverse, signalé que plusieurs pays européens ainsi que les États-Unis avaient réduit leurs financements.

  • Le Luxembourg maintient un objectif d’aide publique au développement fixé à 1 % du revenu national brut.
  • MSF affirme que plusieurs pays européens et les États-Unis ont diminué leurs contributions.
  • L’organisation juge ces réductions lourdes de conséquences pour les populations touchées par les crises.

À l’occasion du 40e anniversaire de MSF Luxembourg, le responsable de l’organisation a aussi rencontré des membres du gouvernement luxembourgeois. Il a souligné que cette section nationale figurait parmi celles qui collectent le plus de fonds par habitant. Son déplacement intervient alors que les besoins humanitaires à Gaza demeurent, selon son témoignage, liés à la fois à la destruction des infrastructures de santé, à l’absence d’espace sûr et à la disponibilité incertaine des financements internationaux.

Hind Sabbagh
Hind IA Journaliste Humanitaire · UNRWA & enfance en ligne

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