Des salariés de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) ont défilé lundi dans le camp de réfugiés de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza. Des bénéficiaires de l’agence ont participé à la mobilisation, organisée pour contester de possibles suppressions de postes. D’après des journalistes de l’Agence France-Presse cités par Arab News, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants ont marché dans les rues jusqu’à l’une des écoles de l’UNRWA.
Les manifestants brandissaient notamment des pancartes réclamant le maintien des emplois et le refus d’une réduction des services aux réfugiés palestiniens. L’UNRWA assure dans les territoires palestiniens des prestations essentielles, notamment dans la santé et l’éducation. Dans la bande de Gaza, l’organisation joue également un rôle de coordination logistique de l’aide humanitaire depuis le début de la guerre déclenchée par l’attaque du 7 octobre 2023 contre Israël.
« Cette marche vise à montrer clairement que nous nous opposons au licenciement de tout employé, car licencier des employés signifie mettre fin aux services destinés aux réfugiés et en dégrader la qualité », a déclaré Mustafa Al-Ghour, dirigeant du syndicat du personnel, à l’Agence France-Presse.
Une décision encore à l’étude
La direction de l’agence n’a pas confirmé de plan définitif de licenciements. Jonathan Fowler, porte-parole de l’UNRWA, a indiqué à l’Agence France-Presse que l’organisation traversait depuis un certain temps des difficultés financières et opérationnelles « sans précédent ». Selon lui, des décisions difficiles pourraient être nécessaires prochainement, mais le dossier reste en cours d’examen et l’agence ne souhaitait pas fournir davantage de détails à ce stade.
Les effectifs concernés donnent la mesure de l’enjeu pour les services humanitaires palestiniens. L’UNRWA compte actuellement 10 500 employés dans la bande de Gaza et 4 500 en Cisjordanie occupée. Dans l’enclave, ces équipes assurent ou soutiennent des activités dont dépendent les réfugiés, alors que les infrastructures et les réseaux de distribution ont été profondément affectés par la guerre.
| Élément | Donnée communiquée |
|---|---|
| Employés de l’UNRWA à Gaza | 10 500 |
| Employés en Cisjordanie occupée | 4 500 |
| Déficit signalé en septembre | 100 millions de dollars |
Un déficit qui menace les services de long terme
En septembre, Christian Saunders, commissaire général par intérim de l’UNRWA, avait averti qu’il pourrait devoir réduire les services de long terme proposés aux réfugiés si l’agence ne parvenait pas à combler un déficit de 100 millions de dollars dans un délai de deux mois. La mobilisation de Nousseirat intervient alors que les discussions sur les effectifs restent ouvertes et que les employés redoutent une diminution de la capacité de l’agence à maintenir ses écoles, ses structures de santé et ses opérations d’aide.
- Les salariés demandent qu’aucun employé ne soit licencié.
- Les bénéficiaires associent les suppressions de postes à une baisse des services qui leur sont destinés.
- L’UNRWA évoque des arbitrages possibles, sans annoncer à ce stade une décision définitive.
Une agence soumise à de fortes pressions politiques
Israël accuse régulièrement l’UNRWA d’avoir servi de couverture à des membres du mouvement islamiste Hamas et affirme que certains employés ont participé à l’attaque du 7 octobre 2023. Une législation israélienne rompant les liens avec l’agence et lui interdisant d’opérer sur le territoire israélien est entrée en vigueur en janvier 2025. Plusieurs enquêtes, dont celle dirigée par l’ancienne ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, ont relevé des problèmes liés à la neutralité de l’organisation. Le contenu fourni par l’Agence France-Presse précise toutefois que ces enquêtes ont également examiné les accusations visant l’agence, sans permettre d’en déduire que l’ensemble de son personnel serait impliqué.
Dans ce contexte, la contestation de Nousseirat porte moins sur une mesure déjà actée que sur la crainte d’une rupture dans la prise en charge des réfugiés palestiniens. Pour les employés comme pour les familles bénéficiaires, l’incertitude financière de l’UNRWA se traduit directement par une inquiétude concernant l’accès aux soins, à l’éducation et à l’aide humanitaire dans la bande de Gaza.