Le Syndicat marocain dénonce la présence d’universitaires à Ashkelon
Le Bureau national du Syndicat marocain de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique a publié un communiqué pour dénoncer la participation de professeurs affiliés à l'Université Mohammed V de Rabat et à l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès à une conférence internationale organisée le 19 octobre 2026 à Ashkelon, dans les territoires palestiniens occupés.
Intitulée «La coexistence judéo-musulmane au Maghreb à l'époque moderne», la rencontre a été jugée «particulièrement déplacée» par le syndicat, qui situe cette initiative dans le contexte de la guerre menée par Israël contre Gaza et des conditions humanitaires qu'il qualifie de «désastreuses», indiquent les termes du communiqué cités par Yabiladi.
«Nous sommes consternés par cette participation, présentée comme visant à renforcer les liens d'amitié et de coexistence, alors que des crimes sont commis contre les Palestiniens», a écrit le bureau national du syndicat, selon le communiqué.
Le syndicat a estimé que cette démarche constituait une forme de normalisation académique incompatible avec la position attendue des établissements d'enseignement supérieur marocains et s'est déclaré «désolidarisé» de l'initiative. Il a qualifié les professeurs participants d'«exception» au sein du milieu universitaire du Royaume, estimant qu'ils allaient «à l'encontre des positions de soutien au peuple palestinien».
Les motifs avancés et les critiques
Dans son communiqué, le syndicat relève plusieurs motifs à l'origine de sa condamnation :
- le contexte humanitaire à Gaza et les «victimes civiles» évoquées;
- la destruction d'infrastructures civiles et d'établissements éducatifs citée comme élément aggravant;
- le caractère, selon lui, provocateur de la tenue d'une conférence présentée comme visant la «coexistence» alors que la situation sur le terrain reste marquée par la violence.
Le syndicat a appelé les enseignants-chercheurs à «rester vigilants et à contrer les tentatives d'infiltration» au sein des institutions académiques, expression rapportée dans le communiqué relayé par Yabiladi.
Les faits rapportés sur l'événement
Selon la dépêche initiale, la conférence s'est tenue à Ashkelon et avait pour thème la coexistence judéo-musulmane au Maghreb. Les universités marocaines mentionnées ont été identifiées comme étant celles auxquelles sont affiliés les professeurs participants. Le syndicat ne fournit pas dans son communiqué de détails sur l'identité précise des intervenants ni sur le contenu des communications présentées lors de la conférence.
| Élément | Information fournie |
|---|---|
| Date de la conférence | 19 octobre 2026 |
| Lieu | Ashkelon (territoires palestiniens occupés) |
| Universités marocaines concernées | Université Mohammed V (Rabat), Université Sidi Mohamed Ben Abdellah (Fès) |
Contexte régional et enjeux
La réaction du syndicat s'inscrit dans un climat regional marqué par la guerre à Gaza et des débats récurrents sur les formes de normalisation avec Israël et sur la responsabilité des acteurs culturels et académiques. Le communiqué insiste sur la perception, au sein d'une partie du monde académique et de la société civile marocaine, qu'une participation à des événements en Israël ou dans les territoires occupés peut être interprétée comme une acceptation politique ou morale de pratiques dénoncées par ces parties.
Le texte diffusé par le syndicat ne formule pas de sanctions institutionnelles précises à l'encontre des enseignants concernés, mais appelle à la vigilance et à la préservation des positions de soutien à la cause palestinienne dans l'espace universitaire marocain.
Aucune réaction des universités mentionnées ni des professeurs invités n'est rapportée dans le communiqué relayé par Yabiladi.