Une nouvelle déconvenue frappe le projet de téléphérique destiné à relier l'ouest de Jérusalem à la partie orientale de la ville : une cinquième société étrangère a annoncé s'être retirée, a rapporté The Guardian le 21 octobre. L'opérateur italien ROPES, spécialisé en ingénierie de téléphériques, a décliné une offre de mission de conseil, selon son directeur général, Stephan Obexer, qui a invoqué un engagement en Inde pour justifier ce refus.
Un projet relancé en pleine campagne électorale
Le plan, approuvé par le gouvernement israélien en 2019 et confirmé par la Cour suprême israélienne en 2022, avait semblé marquer le pas jusqu'à sa relance fin septembre par la Jerusalem Development Authority (JDA). L'initiative vise à desservir un complexe touristique de 16 000 m2 promu par l'association de colons Elad, qui défend un renforcement de la présence israélienne dans le centre historique de la ville.
« Ce projet menace les communautés palestiniennes et le paysage intemporel du cœur historique de Jérusalem », a déclaré Emek Shaveh, une ONG israélienne, citée par The Guardian.
Emek Shaveh, qui s'oppose au projet, estime que l'opération cherche à consolider la mainmise des colons sur des secteurs du bassin historique et à remodeler le paysage culturel de la ville. L'association met en garde contre des saisies de terres et des atteintes aux droits de dizaines de familles palestiniennes le long du tracé retenu.
Retraits en chaîne et résistances locales
Selon The Guardian, la décision de ROPES porte à cinq le nombre d'entreprises étrangères ayant renoncé à participer au projet. Les précédents retraits n'ont pas tous été motivés officiellement par des raisons politiques, mais ils s'inscrivent dans un contexte de pressions diplomatiques et de critiques d'ONG et d'acteurs culturels.
- Parties impliquées : Jerusalem Development Authority (JDA), Elad, ROPES, Emek Shaveh.
- Décisions juridiques : approbation gouvernementale (2019) et maintien par la Cour suprême (2022).
- Enjeu pour les Palestiniens : risque de confiscation de terres et atteintes aux droits de familles de Jérusalem-Est.
Des personnalités israéliennes avaient auparavant défendu le projet comme un moyen d'attirer les visiteurs et de mettre en valeur le patrimoine. L'ancien maire de Jérusalem Nir Barkat, cité par le journal, avait qualifié l'initiative de façon provocatrice comme un moyen de montrer « qui est vraiment le propriétaire de la ville ».
| Élément | Statut |
|---|---|
| Approbation gouvernementale | 2019 |
| Décision de la Cour suprême | 2022 (projet maintenu) |
| Nombre d'entreprises étrangères retirées | 5 (dont ROPES) |
Conséquences locales et diplomatiques
Les opposants au projet jugent que son avancement, au moment où des violences de colons et des pressions foncières se multiplient dans les territoires palestiniens occupés, risque d'aggraver les tensions. Ils estiment également que l'affaire pourrait peser sur les relations internationales, en suscitant des résistances d'entreprises et d'institutions étrangères qui redoutent d'apparaître associées à des mesures pouvant affecter des droits fonciers ou entraîner des expulsions.
La JDA a indiqué vouloir poursuivre le projet « comme prévu », selon The Guardian. Aucune donnée chiffrée nouvelle sur les expropriations éventuelles ni de calendrier détaillé n'ont été publiés par les autorités municipales au moment du reportage.
Le dossier reste suivi de près par des ONG locales et internationales, ainsi que par des diplomates, en raison de ses implications pour la gestion de Jérusalem-Est et pour la vie quotidienne des familles palestiniennes potentiellement concernées par le tracé.