Les résultats des élections législatives israéliennes du 27 octobre ne seront pas annulés ni réexaminés dans leur ensemble, même si les soupçons d’irrégularités actuellement examinés étaient confirmés. Cette position a été réaffirmée dimanche par le président de la commission électorale, alors que le parti Likoud de Benjamin Netanyahou met en cause la progression des formations représentant les citoyens palestiniens d’Israël.
Le chef de la commission électorale est apparu aux côtés du procureur général et du directeur du Shin Bet, le service de renseignement intérieur israélien, pour rappeler que l’enquête en cours ne remettait pas en cause la validité du vote. Les investigations portent notamment sur l’hypothèse de financements venus de l’étranger et destinés à influencer le processus électoral. Les autorités n’ont toutefois pas annoncé de décision établissant une fraude électorale.
« Même si ces soupçons étaient confirmés, cela ne remettrait pas en cause le scrutin ni les résultats des élections dans leur ensemble », a déclaré le président de la commission électorale.
Le Likoud affirme, sans avoir présenté de preuve dans les éléments rapportés par l’Associated Press, que des partis dirigés par des Arabes auraient « volé » les élections. Le parti de Benjamin Netanyahou cite notamment l’arrestation de trois militants politiques avant l’ouverture des bureaux de vote, le 27 octobre. Ces personnes détenaient des enveloppes contenant de l’argent et sont soupçonnées d’avoir voulu acheter des voix. Deux jours plus tard, la police a arrêté quatre autres suspects.
La police a indiqué que les personnes interpellées étaient liées au parti islamiste Ra’am, qui a remporté 8 sièges à la Knesset. La formation a rejeté toute implication. Dimanche, un juge a refusé ou limité plusieurs demandes de la police concernant les trois premiers suspects : l’un a été remis en liberté sous des conditions qui n’ont pas été précisées, un autre a été placé en résidence surveillée pendant 8 jours et la détention du troisième a été prolongée de 2 jours. Ces décisions judiciaires ne préjugent pas de l’issue de l’enquête.
Les partis représentant les citoyens palestiniens au centre du rapport de forces
Le scrutin n’a donné la majorité à aucun des deux principaux blocs. Le camp rassemblé autour de Benjamin Netanyahou a obtenu 53 sièges sur les 120 que compte la Knesset, contre 48 pour le bloc conduit par son principal rival, Gadi Eisenkot. Les partis arabes ont remporté les 19 sièges restants. Ensemble, les formations opposées à Benjamin Netanyahou disposent donc d’un nombre de sièges suffisant pour envisager une coalition, à condition de parvenir à un accord politique.
| Bloc ou formation | Sièges |
|---|---|
| Bloc de Benjamin Netanyahou | 53 |
| Bloc conduit par Gadi Eisenkot | 48 |
| Partis arabes | 19 |
La percée des partis arabes est ainsi devenue un enjeu direct de la formation du prochain gouvernement. Mansour Abbas, le dirigeant de Ra’am, a dénoncé les arrestations comme une atteinte au caractère démocratique du processus et comme une tentative d’agir sur le résultat du vote. Le Likoud soutient pour sa part que les accusations doivent être pleinement examinées et a critiqué la position de la commission électorale.
- La commission électorale maintient la validité générale des résultats.
- Une enquête porte sur de possibles financements étrangers et sur des soupçons d’achat de voix.
- Les 19 sièges remportés par les partis arabes peuvent déterminer l’issue des discussions de coalition.
Les autorités électorales ont également insisté sur le fait que les investigations ne devaient pas jeter le discrédit sur le vote de la communauté arabe. À ce stade, les résultats restent donc en vigueur et le blocage politique se poursuit autour de la possibilité d’une alliance entre l’opposition et les partis représentant les citoyens palestiniens d’Israël.