La deuxième édition du Festival international du film des femmes de Gaza s’est ouverte dans la bande de Gaza autour d’un thème consacré à la capacité des femmes à « créer la vie à partir de la mort ». Organisée au cœur d’un territoire marqué par la guerre depuis 2023, la manifestation entend transformer les récits de pertes et les expériences vécues en œuvres cinématographiques consacrées à la mémoire palestinienne.
L’ouverture a présenté cinq courts-métrages réalisés par des cinéastes palestiniennes qui ont vécu les événements dans la bande de Gaza. Selon le média palestinien Al-Quds, leurs films ne se limitent pas à montrer les destructions. Ils mettent en scène des parcours individuels, des liens familiaux et des formes de survie, avec l’objectif de restituer une expérience humaine derrière les images de ruines et les bilans de la guerre.
Des récits personnels transformés en films
Parmi les réalisatrices présentes figure Kawthar Walid Abu Al-Hussein. Elle a perdu sa famille au début de la guerre et a consacré l’un des films inauguraux à cette expérience. Intitulé Soso : la ligne de vie, le court-métrage raconte l’histoire d’un enfant privé de sa famille et qui ne dispose plus que de son âne. L’animal devient un moyen de transporter des blessés et des habitants alors que les déplacements sont désorganisés et que les infrastructures ont été détruites.
La réalisatrice explique que le cinéma lui a offert un espace pour raconter son histoire et celle des survivants. Elle insiste également sur la nécessité de montrer que les Palestiniens ne sont pas seulement réduits à des chiffres ou à des images silencieuses dans les journaux télévisés. Le parcours du personnage de son film rejoint, selon elle, celui de nombreuses personnes confrontées à la nécessité de continuer à vivre malgré le poids des pertes.
Une autre œuvre présentée lors de l’ouverture, Dandana (« fredonnement »), est signée Isra Abu Jiab. Le film suit une mère qui a perdu huit de ses enfants lors de raids menés par l’armée israélienne. Pour affronter cette douleur, le personnage s’appuie sur le chant traditionnel palestinien et tente de transmettre cet héritage à ses petits-enfants dans les tentes où vivent des personnes déplacées.
Un festival qui veut aussi produire à Gaza
Le comité d’organisation présente cette édition comme une étape nouvelle. Après avoir principalement constitué un espace de projection, le festival commence désormais à participer directement à la production cinématographique locale. Les cinq films programmés pour l’ouverture ont été réalisés avec des moyens disponibles sur place, selon les informations publiées par Al-Quds.
- Manifestation : deuxième édition du Festival international du film des femmes de Gaza.
- Ouverture : cinq courts-métrages réalisés par des Palestiniennes.
- Orientation : passage de la diffusion de films à la production locale.
- Thèmes : pertes familiales, déplacement, mémoire collective et préservation du patrimoine palestinien.
| Film | Réalisatrice | Récit présenté |
|---|---|---|
| Soso : la ligne de vie | Kawthar Walid Abu Al-Hussein | Un enfant survivant et un âne utilisé pour aider les habitants |
| Dandana | Isra Abu Jiab | Une mère endeuillée qui transmet le chant traditionnel à ses petits-enfants |
À travers cette programmation, les organisatrices donnent une place centrale aux femmes palestiniennes comme témoins et créatrices. Les films cherchent à préserver des récits menacés d’effacement et à montrer les gestes qui permettent aux familles de maintenir une continuité culturelle dans les lieux de déplacement. Le festival associe ainsi la documentation de la guerre à une démarche de création menée depuis Gaza.