Dans le camp d’Al-Bureij, au centre de la bande de Gaza, cinq documentaires réalisés par des Palestiniennes ont été projetés lundi à l’ouverture de la deuxième édition du Festival international du film des femmes de Gaza. La rencontre a également marqué le lancement officiel de l’Académie du cinéma de Gaza, destinée à soutenir la création cinématographique palestinienne dans un territoire où la plupart des infrastructures culturelles ont été endommagées ou détruites.
La manifestation s’est tenue sur le site de la salle Al-Nakheel, sous le slogan « Des femmes créent la vie à partir de la mort ». Selon Al Jazeera, le bâtiment est lui-même détruit après plusieurs années de guerre menée par Israël dans la bande de Gaza. Le média indique que le conflit a fait plus de 74 000 morts palestiniens, sans fournir dans cet article la date précise ni l’organisme à l’origine de ce bilan.
Un sac de farine comme point de départ
Parmi les films présentés figure Un sac de farine, un documentaire de 11 minutes réalisé par Mona Abu Qass. Le film s’appuie sur l’expérience de la cinéaste pour montrer les difficultés rencontrées par les Palestiniens de Gaza afin d’obtenir de la nourriture, les risques aux points de distribution de l’aide et les décès survenus alors que des habitants tentaient de se procurer de la farine.
« L’idée du film vient d’une expérience personnelle et d’une histoire vraie. Il documente la vie quotidienne à Gaza, alourdie par les bombardements, la destruction, le siège, la faim et les pertes », a déclaré Mona Abu Qass à Al Jazeera.
La réalisatrice ne limite pas son récit au moment où la nourriture redevient disponible. Elle cherche aussi à montrer les effets prolongés du manque sur les familles et sur leurs relations. D’après Al Jazeera, les restrictions israéliennes concernant l’entrée des marchandises dans Gaza et la réduction de l’aide alimentaire ont provoqué de nouvelles pénuries et ravivé la crainte d’un retour de la famine.
- Film présenté : Un sac de farine, réalisé par Mona Abu Qass.
- Durée : 11 minutes.
- Événement : ouverture du deuxième Festival international du film des femmes de Gaza.
- Nouveauté : lancement de l’Académie du cinéma de Gaza.
Filmer les conséquences sociales de la guerre
Dans son travail, Mona Abu Qass dit vouloir partir de détails concrets pour rendre compte de la souffrance et de la capacité des habitants à préserver leur vie quotidienne. Elle entend également montrer ce que la guerre a changé dans les liens familiaux, les projets et les espoirs des Palestiniens. Son témoignage relie ainsi la question de l’aide alimentaire à des transformations plus larges de la société gazaouie.
« Je veux saisir des détails qui révèlent la souffrance et la détermination des gens à continuer leur vie », a-t-elle expliqué à Al Jazeera.
Un autre documentaire projeté lors de l’ouverture, Au-delà du silence, marque les débuts de la réalisatrice Raghda Al-Buhaisi. Le film porte sur les difficultés vécues par les personnes handicapées pendant la guerre à Gaza. Les œuvres réunies pour le festival donnent ainsi une place à des expériences qui risquent de disparaître derrière les seuls bilans de morts, de blessés et de destructions.
Le lancement de l’académie intervient dans un environnement où les lieux de projection et de formation sont particulièrement rares. Le choix d’organiser la cérémonie sur le site d’une salle détruite souligne la situation matérielle dans laquelle travaillent les artistes palestiniens de Gaza. La création de cette structure et la tenue du festival offrent néanmoins un cadre pour transmettre des récits produits par des habitantes du territoire, à partir de leurs propres expériences de la guerre et de ses conséquences.
| Élément | Information |
|---|---|
| Lieu | Al-Bureij, bande de Gaza |
| Documentaires projetés | 5 |
| Film de Mona Abu Qass | 11 minutes |
| Structure inaugurée | Académie du cinéma de Gaza |