Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et ses partenaires de coalition ont intensifié, mardi, les messages destinés à mobiliser l'électorat de droite en affirmant qu'une participation importante des Arabes israéliens risquait de faire basculer le résultat du scrutin. L'information est rapportée par Reuters.
Une mobilisation dénoncée par les responsables arabes
Des témoins ont rapporté que des véhicules apposant des drapeaux du parti Likoud ont circulé à Jérusalem en diffusant l'appel à la prière islamique, accompagnés d'invitations à voter « parce que les Arabes votent ». Dans plusieurs publications, Netanyahou a souligné l'existence de longues files d'attente devant des bureaux de vote dans des localités arabes et publié une image montrant, selon lui, des électeurs arabes, dont des femmes en niqab, faisant la queue.
« Si nous ne nous réveillons pas maintenant, nous nous retrouverons avec un gouvernement de Mansour Abbas et Ahmed Tibi », a posté Netanyahou, selon Reuters.
Les propos du chef du gouvernement ont été qualifiés de racistes et d'incitatifs par plusieurs responsables arabes israéliens. Gadi Tibi, candidat d'un parti arabe, a estimé que la forte participation de la minorité arabe ouvrirait la voie à « un gouvernement alternatif ». Sami Abu Shehadeh, dirigeant du parti Balad, a déclaré sur X que ces longues files d'attente devraient susciter « fierté et joie » pour « quiconque croit en la démocratie » et a dénoncé « ces messages incitant » émanant, selon lui, de « Ben-Gvir, Netanyahou et leurs partenaires ».
Chiffres et contexte
La Commission électorale a indiqué que la participation avait atteint 55,7 % au cours des neuf premières heures de vote, le rythme le plus rapide jamais enregistré. Les Arabes israéliens représentent, d'après Reuters, environ 21 % d'une population israélienne estimée à 10 millions d'habitants et ont traditionnellement eu un taux de participation inférieur à celui des Juifs israéliens.
- Netanyahou a déjà, lors de scrutins antérieurs, imputé aux fortes participations arabes un risque pour son camp, selon Reuters.
- Des responsables arabes jugent la tactique électorale comme un moyen de stigmatiser et de mobiliser l'électorat de droite.
- Le scrutin se tient dans le contexte des guerres et des violences qui ont suivi l'attaque du 7 octobre 2023, un facteur central du débat politique.
La manœuvre de Netanyahou s'inscrit dans une stratégie de mobilisation déjà observée lors de campagnes précédentes, visant à convaincre les électeurs de droite que la montée de la participation arabe constitue une menace politique. Les réactions publiques des dirigeants arabes israéliens illustrent, en retour, la volonté de cette composante de la population de renforcer sa représentation politique et d'affirmer ses droits électoraux.
L'issue du scrutin et l'impact exact de cette mobilisation sur la formation d'une majorité à la Knesset dépendront des résultats finaux et des négociations post-électorales. Reuters a fourni les éléments factuels cités dans cet article.