Des milliers de personnes ont participé samedi 24 octobre à un rassemblement antigouvernemental à Tel‑Aviv, trois jours avant les élections législatives israéliennes, pour réclamer la mise en place d'une commission d'enquête nationale sur les défaillances de sécurité liées à l'attaque du 7 octobre 2023 menée par le mouvement islamiste Hamas. L'événement, qui a rassemblé des familles de victimes et d'otages ainsi que des personnalités politiques de l'opposition, s'est tenu sur la place surnommée « Hostages Square » pendant la guerre.
L'appel à la manifestation a été lancé par le Conseil d'Octobre, un collectif fondé par des proches des personnes enlevées et des victimes, qui réclame une enquête indépendante sur les circonstances ayant permis l'attaque la plus meurtrière de l'histoire d'Israël. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu a refusé jusqu'ici d'accepter la création d'une telle commission, position dénoncée par les organisateurs et plusieurs partis d'opposition.
« Trois jours avant l'élection, nous tiendrons l'événement culminant marquant trois ans de lutte pour découvrir la vérité, demander des comptes et établir une commission d'enquête d'État », a écrit le Conseil d'Octobre sur X, cité par Al Jazeera.
Plusieurs dirigeants de l'opposition ont pris part au rassemblement ou y étaient attendus, parmi lesquels Gadi Eisenkot, principal rival de Benjamin Netanyahu dans les sondages, ainsi que Yaïr Lapid et Naftali Bennett. Les organisateurs ont indiqué que l'événement devait marquer l'aboutissement de trois années de mobilisation pour obtenir des réponses sur les failles sécuritaires. Les intervenants ont aussi fait écho aux veillées hebdomadaires pour les otages qui ont eu lieu durant la guerre.
Contexte électoral et répercussions
Les ultimes sondages publiés avant le scrutin montrent une course serrée entre le bloc de Benjamin Netanyahu et le camp d'opposition constitué autour de Gadi Eisenkot. Les derniers chiffres disponibles donnent 50 sièges au bloc de M. Netanyahu et 52 sièges au bloc d'opposition, alors que la majorité à la Knesset requiert 61 sièges. Plusieurs leaders d'opposition ont promis de créer une commission d'enquête si leur coalition parvenait au pouvoir.
| Bloc | Sièges (sondage) |
|---|---|
| Bloc Netanyahu | 50 |
| Bloc d'opposition (Eisenkot) | 52 |
| Majorité nécessaire | 61 |
La manifestation s'inscrit dans un contexte politique et sécuritaire tendu : elle combine la colère d'une partie de l'opinion israélienne face aux lacunes de l'État lors de l'attaque du 7 octobre et les enjeux électoraux qui détermineront la conduite future de la guerre à Gaza et des politiques en Cisjordanie occupée et à Jérusalem‑Est. Le message des organisateurs vise à faire pression pour une enquête indépendante alors que le gouvernement actuel demeure opposé à cette démarche.
- Organisateurs : Conseil d'Octobre, familles de victimes et d'otages du 7 octobre 2023.
- Revendication principale : création d'une commission d'enquête d'État sur les défaillances sécuritaires.
- Acteurs politiques présents : Gadi Eisenkot, Yaïr Lapid, Naftali Bennett, Yaïr Golan (selon les organisateurs et la presse).
Les rassemblements ont été couverts par plusieurs médias internationaux et locaux. Les organisateurs ont présenté l'événement comme le point culminant d'une mobilisation de trois ans. Les autorités gouvernementales n'ont pas modifié leur position publique sur la commission d'enquête à la date du rassemblement, position rapportée par les médias cités.