Herzi Halevi, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne au moment de l’attaque du 7 octobre 2023, a appelé Israël à poursuivre l’examen des défaillances qui ont permis l’assaut mené par le Hamas. Lors d’une conférence consacrée à l’État de droit et à la lutte contre l’antisémitisme, il a décrit cette journée comme un échec qui aurait pu être évité, tout en rejetant catégoriquement les accusations de complicité au sein de l’appareil sécuritaire israélien.
Les déclarations de l’ancien responsable interviennent alors que les conditions de l’attaque et la réponse des institutions israéliennes font toujours l’objet d’un débat politique et sécuritaire. Herzi Halevi a affirmé qu’il n’y avait pas eu d’aide volontaire venue de l’intérieur des services israéliens. Il a également assuré être en mesure de reconstituer le déroulement des événements et d’en expliquer les différentes étapes.
« Il n’y a eu, à 100 %, aucune trahison de l’intérieur », a déclaré Herzi Halevi lors de la conférence.
Les défaillances de l’appareil de défense au centre des interrogations
En qualifiant l’attaque d’« échec évitable », l’ancien chef d’état-major renvoie l’examen des responsabilités aux décisions prises avant l’assaut, à l’évaluation des intentions du Hamas et à l’interprétation des informations dont disposaient les autorités israéliennes. La question porte également sur la capacité des dispositifs de surveillance et de protection à empêcher ou à contenir l’entrée des combattants en Israël.
Le 7 octobre 2023, des combattants conduits par le Hamas avaient lancé une attaque contre Israël, déclenchant la guerre dans la bande de Gaza. Le mouvement islamiste Hamas est classé comme organisation terroriste par l’Union européenne et les États-Unis. Depuis cette date, les débats en Israël portent notamment sur la manière dont les renseignements disponibles ont été analysés et sur les responsabilités respectives des responsables politiques, militaires et sécuritaires.
Une enquête appelée à se poursuivre
Interrogé sur la création d’une commission d’enquête d’État, Herzi Halevi a insisté sur la nécessité de continuer les investigations. Il n’a pas présenté, lors de cette intervention, les conclusions détaillées d’une telle commission. Son propos met plutôt l’accent sur la nécessité de reconstituer les décisions et les mécanismes institutionnels ayant précédé l’effondrement des défenses israéliennes.
« Israël doit aller au bout de l’enquête et poser des questions difficiles », a déclaré l’ancien chef d’état-major.
Selon Herzi Halevi, cet examen doit notamment permettre de comprendre les éléments suivants :
- la façon dont les intentions du Hamas ont été évaluées avant le 7 octobre ;
- l’interprétation des informations disponibles par les services concernés ;
- les raisons pour lesquelles les dispositifs de protection n’ont pas empêché l’attaque.
L’ancien chef d’état-major a enfin estimé qu’Israël devait regarder cet échec en face afin de pouvoir le corriger. Ses déclarations ne constituent pas à elles seules une réponse complète aux interrogations sur l’attaque, mais elles reconnaissent la nécessité d’un examen institutionnel des décisions prises avant et pendant cette journée. Elles maintiennent ainsi au centre du débat la recherche des responsabilités israéliennes, parallèlement aux enquêtes et procédures portant sur les actes commis par le Hamas.