Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré jeudi espérer que la formation du prochain gouvernement israélien ouvrira la voie à une reprise du dialogue avec les responsables israéliens. Il s’exprimait à Nicosie, lors d’une rencontre avec le président chypriote Nikos Christodoulides, selon un compte rendu d’Al-Arabiya citant l’Agence France-Presse.
« Nous espérons qu’une fois que le nouveau gouvernement israélien sera formé, nous pourrons commencer un dialogue conjoint », a déclaré Mahmoud Abbas.
Le président de l’Autorité palestinienne a également affirmé que les Palestiniens avaient, au fil des années, cherché à parvenir à un accord permettant à Israël et à la Palestine de vivre « dans la sécurité, la stabilité et la paix ». Cette déclaration intervient alors que le processus de paix israélo-palestinien demeure paralysé depuis plusieurs années.
Une Knesset sans majorité claire
Les élections législatives israéliennes organisées mardi n’ont donné à aucun des deux principaux blocs les 61 sièges nécessaires pour obtenir la majorité à la Knesset, qui compte 120 membres. D’après les résultats relayés par Anadolu, citant le quotidien israélien Ynet, le camp du Premier ministre en exercice Benjamin Netanyahou a remporté 53 sièges, tandis que les partis d’opposition en ont obtenu 48. Les partis arabes disposent pour leur part de 19 sièges.
- Le décompte des voix a été achevé par le Comité central israélien pour les élections.
- Les résultats officiels doivent être annoncés le 4 novembre.
- Les nouveaux députés doivent entrer en fonction le 10 novembre.
Ces chiffres ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer la composition du prochain gouvernement. La formation d’une coalition devra tenir compte des rapports de force entre les blocs représentés à la Knesset. C’est dans cette période d’incertitude politique que Mahmoud Abbas a placé son appel à un « dialogue conjoint », sans annoncer de nouveau mécanisme de négociation ni de rencontre programmée.
Des positions palestiniennes et israéliennes toujours éloignées
L’Autorité palestinienne exerce une autonomie limitée dans certaines parties de la Cisjordanie occupée. Le territoire reste marqué par l’expansion des colonies israéliennes et par les violences visant les Palestiniens, selon le contenu rapporté par Al-Arabiya. La question de la Cisjordanie constitue l’un des principaux dossiers au cœur du conflit, avec celui de Jérusalem-Est et celui de la bande de Gaza.
Le compte rendu rappelle aussi que plusieurs ministres du gouvernement de droite dirigé par Benjamin Netanyahou ont publiquement défendu l’annexion de la Cisjordanie ainsi que des politiques susceptibles d’encourager le départ de Palestiniens de cette région et de la bande de Gaza. Ces positions contrastent avec l’objectif affiché par Mahmoud Abbas d’une reprise des négociations et d’un règlement permettant la coexistence de deux États dans la sécurité.
Une reprise des négociations sans calendrier annoncé
La déclaration du président palestinien ne précise ni les conditions d’une éventuelle reprise des pourparlers ni les garanties qu’il attend du prochain gouvernement israélien. Elle intervient toutefois dans un contexte où un nombre croissant de pays reconnaissent l’État de Palestine, tandis que le cadre politique bilatéral reste bloqué.
La prochaine coalition israélienne devra donc se former dans un Parlement fragmenté, avec un rapport de forces qui ne donne pas de majorité immédiate au bloc de Benjamin Netanyahou comme à celui de l’opposition. Pour l’Autorité palestinienne, la question demeure de savoir si ce changement institutionnel débouchera sur une ouverture diplomatique concrète ou si le blocage des négociations se poursuivra.