L’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert a averti que des responsables de l’armée et de la police israéliennes pourraient être poursuivis devant la Cour pénale internationale (CPI) s’ils ne prenaient pas de mesures contre les violences commises par des extrémistes juifs contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée. Il s’exprimait dans un entretien accordé à Al Arabiya English, alors que les électeurs israéliens étaient appelés aux urnes mardi.
La déclaration ne fait pas état de l’ouverture d’une nouvelle procédure judiciaire contre les commandants évoqués. Elle présente une mise en garde politique et juridique de la part d’un ancien chef du gouvernement israélien. Selon Ehud Olmert, la responsabilité pourrait concerner des dirigeants militaires et policiers qui ne préviendraient pas les attaques ou ne prendraient pas les mesures nécessaires pour y mettre fin.
« Si vous ne vous occupez pas de la terreur juive en Cisjordanie, vous serez tenus légalement responsables des crimes qui y sont commis », a déclaré Ehud Olmert à Al Arabiya English.
L’ancien Premier ministre a ajouté que ces responsables pourraient être jugés par « l’opinion publique dans le monde », mais aussi, éventuellement, par la CPI. Cette formulation reste au conditionnel : le contenu de l’entretien ne signale ni mandat d’arrêt visant les commandants concernés, ni décision de la Cour établissant leur responsabilité individuelle.
Une alerte dans un contexte de critiques internationales
Ehud Olmert a inscrit ses propos dans un contexte de critiques internationales portant sur l’extension des colonies et les violences contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée. Il a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahou de mettre en danger la démocratie israélienne. Le contenu de l’entretien ne précise toutefois ni le nombre d’attaques auxquelles il faisait référence, ni l’identité des responsables militaires ou policiers visés.
- Responsables concernés selon Ehud Olmert : des dirigeants de l’armée et de la police israéliennes.
- Victimes évoquées : des Palestiniens de Cisjordanie occupée.
- Instance mentionnée : la Cour pénale internationale.
L’ancien dirigeant a également attribué à Benjamin Netanyahou la responsabilité « ultime » de l’attaque du 7 octobre 2023 contre Israël. Il a estimé que les politiques du Premier ministre avaient contribué au développement des capacités militaires du Hamas. Il lui a aussi reproché de ne pas avoir engagé de dialogue avec l’Autorité palestinienne, tout en poursuivant, selon lui, une entente avec le mouvement islamiste Hamas et en permettant à ce dernier de recevoir d’importants financements étrangers.
Ces accusations politiques sont rapportées sans que la réponse de Benjamin Netanyahou soit donnée dans l’entretien. La déclaration d’Ehud Olmert intervient alors que le Premier ministre fait l’objet de critiques persistantes concernant les défaillances sécuritaires et du renseignement ayant précédé l’attaque du 7 octobre, selon le récit d’Al Arabiya English. Le média indique que des figures de l’opposition et des familles de victimes réclament qu’une responsabilité soit établie.
Sur le scrutin israélien, Ehud Olmert a encore accusé Benjamin Netanyahou de chercher à effrayer les électeurs. Il a notamment contesté une publication du Premier ministre sur le réseau social X montrant une explosion nucléaire au-dessus de Tel-Aviv, qu’il a interprétée comme le signe d’une campagne en difficulté. Cette appréciation politique ne modifie pas, en elle-même, l’état des éventuelles procédures internationales concernant les violences en Cisjordanie.