Des marchés vides et des prix en hausse dans le sud de la bande de Gaza
Dans la matinée du vendredi 23 octobre 2026, un reportage depuis Khan Younès décrit une pénurie marquée sur les étals du marché près des immeubles Taïba : la plupart des tables sont quasiment désertes et les produits vendus sont issus de la production locale. Selon le journaliste, les prix de certains légumes ont doublé en quelques semaines, réduisant la capacité d’achat des ménages confrontés à des contraintes de déplacement et à une érosion des revenus.
Les chiffres relevés sur place montrent une hausse nette des tarifs pour des produits de base :
| Produit | Prix antérieur (shekels) | Prix actuel (shekels) |
|---|---|---|
| Poivrons (kilo) | 10 | 20 |
| Aubergines (kilo) | 5 | 10 |
Ces évolutions tarifaires s’inscrivent dans un contexte où la disponibilité des denrées est limitée : les vendeurs, assis derrière des étals vides, observaient l’absence de marchandise sur la majorité des étals, d’après le reportage.
"La nourriture n’est pas un luxe, mais un droit fondamental" a écrit Rami Abou Reida dans son récit depuis une tente de déplacés à Al‑Mawassi.
Impact sur les familles déplacées et les marchés locaux
Le reportage, mené depuis une tente de déplacés à Al‑Mawassi, souligne que le vendredi — traditionnel jour d’achat pour de nombreuses familles — est devenu un moment de pénurie. Les vendeurs interrogés ont indiqué que les rares légumes disponibles provenaient de cultures locales, elles‑mêmes affectées par les déplacements et les restrictions de mouvement qui pèsent sur la circulation des personnes et des biens à l’intérieur de la bande de Gaza.
La hausse des prix et la diminution de l’offre touchent particulièrement les ménages déplacés et les familles à faibles revenus, qui consacrent une part importante de leur budget à l’alimentation. Cette situation s’ajoute aux réductions d’aide internationale signalées récemment et aux alertes des agences humanitaires sur le risque accru d’insécurité alimentaire dans l’enclave.
Facteurs structurels et immédiats
- Production locale réduite : les producteurs font face à des contraintes logistiques et d’accès aux intrants.
- Marchés fragmentés : les déplacements forcés ont modifié les circuits de distribution habituels.
- Pression sur le pouvoir d’achat : la perte de revenus et l’augmentation des besoins dans les camps de déplacés aggravent la vulnérabilité alimentaire.
Le témoignage recueilli met en lumière la réapparition de phénomènes déjà observés lors des phases les plus aiguës de la crise : raréfaction des produits, envolée des prix et dépendance accrue aux distributions humanitaires. Les agences et organisations internationales continuent d’alerter sur la nécessité d’un accès régulier et sûr pour l’acheminement de l’aide, alors que des réductions de certaines formes d’assistance ont été signalées ces derniers mois.
Le constat dressé à Khan Younès illustre les conséquences quotidiennes pour des milliers de familles palestiniennes : une nourriture moins disponible, des prix qui augmentent rapidement et une pression croissante sur des ménages déjà fragilisés par les déplacements et la destruction des moyens de subsistance.