Le 19 octobre, le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé qu'il réduisait d'environ un tiers l'aide alimentaire distribuée dans la bande de Gaza. Selon le PAM, la diminution des ressources laisse environ 500 000 personnes sans soutien alimentaire, alors que le nombre de bénéficiaires est passé de 1,6 million en septembre à 1,1 million en octobre.
Des coupes affectant les rations et les repas chauds
Les réductions décidées par le PAM incluent notamment la réduction des rations alimentaires mensuelles et la baisse des quantités de farine de blé. L'agence onusienne a également précisé qu'elle avait diminué de 100 000 le nombre de repas chauds quotidiens fournis : ils sont passés de 250 000 à 150 000. Dans les zones difficiles d'accès, dont les secteurs proches de la « ligne jaune », certaines familles ne reçoivent désormais un repas que tous les deux jours.
« Nous réduisons l'assistance en raison d'un manque de financements », a indiqué le PAM, qui estime avoir besoin de 450 millions de dollars pour assurer ses opérations dans la bande de Gaza et la Cisjordanie pendant les six mois allant d'octobre à mars 2027.
Le rapport pointe une baisse marquée des financements alloués aux opérations dans les territoires palestiniens occupés en 2026, tombés à moins de la moitié des niveaux observés précédemment, selon le PAM. Cette contraction budgétaire intervient alors que les besoins humanitaires restent très élevés après la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 et la campagne militaire qui a suivi.
Quatre crises aggravées
L'article identifie quatre crises qui s'aggravent simultanément dans la bande de Gaza :
- Pénurie alimentaire : coupes d'assistance et réduction des rations ;
- Risque pour les services hospitaliers : menace d'arrêt des services vitaux faute de carburant pour les générateurs ;
- Extension du contrôle militaire : expansion des zones sous contrôle de l'armée israélienne malgré le cessez-le-feu d'octobre 2025 ;
- Augmentation des victimes : hausse du nombre de Palestiniens tués par les frappes et les tirs israéliens depuis la trêve.
Ces éléments interviennent dans un contexte où la fourniture d'aide reste conditionnée par des contraintes sécuritaires et logistiques. Les autorités israéliennes maintiennent des restrictions sur les passages et les mouvements à l'intérieur de la bande de Gaza, ce qui complique l'acheminement et la distribution des biens essentiels.
| Indicateur | Avant (septembre) | Après (octobre) |
|---|---|---|
| Nombre de bénéficiaires alimentaires | 1,6 million | 1,1 million |
| Personnes privées d'aide | — | ~500 000 |
| Repas chauds quotidiens | 250 000 | 150 000 |
| Besoin financier 6 mois | — | 450 millions de dollars |
Les réductions opérées par le PAM sont déjà perceptibles sur le terrain : ONG locales et services de santé alertent sur l'augmentation des files d'attente pour la distribution de nourriture et sur la détérioration de l'état nutritionnel de certaines populations vulnérables, notamment les personnes âgées et les familles déplacées à l'intérieur de la bande de Gaza.
Parallèlement, la perspective d'une fermeture partielle des hôpitaux si le carburant pour les générateurs venait à manquer ajoute une dimension critique à la crise. Plusieurs organisations humanitaires ont appelé la communauté internationale à combler rapidement le déficit de financement identifié par le PAM afin d'empêcher une aggravation des conditions humanitaires.