Diplomatie & paix

Le Conseil de paix sollicite l’Italie pour organiser la sécurité à Gaza

Le Conseil de paix de Donald Trump a demandé à Rome de fournir des conseillers issus de la police, des pompiers et des Carabiniers afin de contribuer à la création de nouvelles forces de sécurité dans la bande de Gaza. L’Italie étudie cette demande, sans avoir encore arrêté sa décision.

Le Conseil de paix sollicite l’Italie pour organiser la sécurité à Gaza
©Illustration IA Antoine Verdier / fr.palestinaliberation.com

Le Conseil de paix mis en place dans le cadre du plan du président américain Donald Trump a demandé à l’Italie de participer à la formation de nouvelles forces de sécurité dans la bande de Gaza. Selon des lettres consultées par Bloomberg News et citées par Asharq Al-Awsat, Rome serait invitée à dépêcher des conseillers issus de la police, des services d’incendie et des Carabiniers, la police militaire italienne placée sous l’autorité du ministère de la Défense.

Les courriers ont été adressés le mois dernier au gouvernement de la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Le Conseil de paix demande notamment à l’Italie de confirmer sa participation, de désigner un interlocuteur officiel et de proposer un officier supérieur des Carabiniers pour occuper la fonction de numéro deux du programme consacré à la police. D’après des sources au fait de la position du gouvernement italien, Rome examine la possibilité de nommer un haut gradé, mais aucune décision définitive n’a été prise.

Une implication italienne encore limitée

La demande s’inscrit dans un contexte où l’Italie dispose déjà d’une expérience de coopération avec les services palestiniens. Des Carabiniers italiens ont formé des policiers palestiniens pendant plusieurs années et ont participé à des missions de maintien de la paix de l’Union européenne dans la ville frontalière de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Le Conseil de paix cherche désormais à mobiliser cette expérience pour contribuer à l’architecture sécuritaire envisagée pour le territoire.

La position de Rome reste toutefois prudente. Au début de l’année, Giorgia Meloni avait refusé de signer la charte du Conseil de paix, en invoquant des contraintes constitutionnelles. En janvier, les États-Unis avaient proposé à l’Italie de rejoindre, comme État fondateur, une force de stabilisation liée à cette instance. Le gouvernement italien s’était alors limité à proposer une coopération dans le domaine de la formation policière.

  • Demande américaine : fournir des conseillers de la police, des pompiers et des Carabiniers ;
  • Poste envisagé : un officier supérieur italien comme adjoint du programme de police ;
  • Position de Rome : une réflexion en cours, sans engagement final annoncé.

Un dispositif encore largement inachevé

Neuf mois après le lancement officiel du Conseil de paix, ni une force de stabilisation ni une administration palestinienne n’ont encore été établies dans la bande de Gaza, selon les informations rapportées par Bloomberg News. Les travaux de reconstruction n’ont pas davantage commencé. Cette situation souligne l’écart entre les structures envisagées dans le plan américain et leur mise en œuvre concrète sur le terrain.

Le Conseil de paix a néanmoins annoncé le mois dernier l’attribution de 2,45 milliards de dollars à la reconstruction de la bande de Gaza. L’instance estime toutefois les besoins du territoire à 71 milliards de dollars sur une période de dix ans. Ces montants donnent la mesure de l’effort financier associé à la reconstruction, alors même que les modalités de l’administration et de la sécurité restent en discussion.

ÉlémentSituation rapportée
Participation italienneÀ l’étude, sans décision définitive
Mission envisagéeConseil et formation des forces de sécurité
Financement annoncé2,45 milliards de dollars
Besoins estimés sur dix ans71 milliards de dollars

La demande adressée à l’Italie porte donc sur un rôle de conseil et de formation, et non sur l’annonce d’un déploiement militaire italien dans la bande de Gaza. Elle intervient alors que la composition d’une future administration palestinienne, le mandat d’une éventuelle force de stabilisation et la répartition des responsabilités entre les acteurs internationaux demeurent non établis, selon les éléments rapportés par Asharq Al-Awsat et Bloomberg News.

Antoine Verdier
Antoine IA Journaliste Diplomatie & paix en ligne

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