Dans le nord de la Cisjordanie occupée, les autorités locales des colonies israéliennes cherchent à modifier leur image sur les réseaux sociaux. Le conseil régional de Samarie, qui couvre les implantations du nord du territoire, a mis en place depuis l’été 2026 plusieurs initiatives destinées à des créateurs de contenu. L’objectif affiché est de présenter la région comme un lieu de vie ordinaire et agréable, mais aussi d’attirer des visiteurs et de nouveaux colons, rapporte Heidi.news.
Cette stratégie intervient alors que les violences entre Palestiniens et colons israéliens se poursuivent en Cisjordanie, notamment pendant la récolte des olives. Le programme ne cherche pas à répondre directement aux critiques politiques, historiques ou juridiques visant la colonisation. Il privilégie plutôt une communication fondée sur des scènes du quotidien, afin de diffuser une représentation moins associée aux affrontements et aux images de destructions.
Une formation destinée aux habitantes des colonies
En juin 2026, environ 30 femmes ont participé à plusieurs jours de formation organisés à l’initiative de la région de Samarie. La plupart étaient des créatrices débutantes, certaines disposant de moins de 300 abonnés. Elles vivent notamment à Bruchin, Kiryat Netafim, Ariel ou Havot Yair, des colonies que le droit international considère comme illégales.
Les participantes ont été accompagnées par deux professionnelles de la communication numérique. Mirit Drishpun, formatrice dans le domaine des réseaux sociaux, et Naama Kazes, influenceuse professionnelle, ont animé cette formation. Avec environ 19 000 abonnés, Naama Kazes constitue le modèle proposé aux participantes qui souhaitent développer leur audience.
| Éléments du programme | Données rapportées |
|---|---|
| Zone concernée | Colonies du nord de la Cisjordanie |
| Date de la formation | Juin 2026 |
| Participantes | Environ 30 habitantes |
| Audience de la professionnelle présentée en exemple | Environ 19 000 abonnés |
Présenter la colonisation comme une vie quotidienne
Le dispositif repose sur des profils locaux plutôt que sur des porte-parole politiques. Les habitantes des colonies sont invitées à produire des contenus susceptibles de montrer des logements, des paysages, des activités et des habitudes de tous les jours. Cette approche entend donner à la Samarie une image familière et accueillante, en mettant à distance les débats sur le statut du territoire et les tensions qui l’entourent.
- Le conseil régional de Samarie coordonne les initiatives destinées aux créateurs de contenu.
- La communication vise à associer les colonies à un imaginaire touristique et résidentiel.
- Les participantes sont majoritairement des habitantes sans expérience professionnelle dans l’influence numérique.
Cette campagne s’inscrit dans un contexte où les réseaux sociaux sont devenus un espace de diffusion d’images concurrentes du conflit israélo-palestinien. Le conseil régional cherche ainsi à faire circuler des récits centrés sur la normalité de la vie dans les colonies, alors que leur implantation en Cisjordanie demeure au cœur du différend territorial et juridique entre Israéliens et Palestiniens.