Lancé durant la période sensible de la récolte des olives en Cisjordanie occupée, le maintien en détention puis le rapatriement de cinq militantes italiennes a nourri une nouvelle crise diplomatique entre Rome et les autorités israéliennes. Selon un compte rendu de Reuters repris par la presse, les cinq femmes ont été arrêtées jeudi à Kiryat Arba alors qu’elles accompagnaient des agriculteurs palestiniens pour protéger la cueillette contre des attaques de colons.
Le ministère italien des Affaires étrangères a confirmé samedi matin le relâchement et le renvoi des militantes en Italie. Des responsables italiens avaient demandé leur libération immédiate, jugeant leur détention « inacceptable », a précisé Reuters.
« Les militantes n’ont commis aucun crime », a déclaré Antonio Tajani, ministre italien des Affaires étrangères, selon Reuters.
Des sources diplomatiques citées par l’agence ont ajouté que les missions diplomatiques italiennes à Tel‑Aviv et à Jérusalem avaient sollicité des clarifications sur les circonstances de l’arrestation et vérifié l’état de santé des femmes. Les représentants de l’ambassade d’Italie ont rendu visite aux militantes à l’aéroport la veille de leur départ et ont indiqué qu’elles semblaient en bonne condition physique.
Contexte : une violence croissante pendant la récolte
La détention s’inscrit dans une montée des incidents violents liés à la récolte des olives en Cisjordanie, période où les paysans palestiniens sont régulièrement confrontés à des agressions, des vols et des dommages causés à leurs arbres. L’ONG israélienne Yesh Din a recensé plus de 330 incidents liés à la récolte cette année, parmi lesquels attaques, vols et dégradations d’oliviers, rappelle le reportage.
- Lieu de l’arrestation : Kiryat Arba (colonie adjacente à Hébron).
- Profil des personnes : militantes internationales accompagnant des récoltants palestiniens.
- Conséquence diplomatique : intervention du ministère italien des Affaires étrangères et rapatriement.
Le rôle des activistes internationales pendant la récolte est double : documenter les violences et offrir une présence dissuasive face aux colons. Les autorités israéliennes ont, selon Reuters, affirmé traiter les actes de violence et la criminalité de manière sérieuse, sans pour autant détailler les motifs précis ayant justifié l’arrestation des cinq ressortissantes italiennes.
Le dossier illustre par ailleurs l’importance économique de l’olivier pour les territoires palestiniens : la filière contribue à l’économie locale et soutient des dizaines de milliers d’emplois, rendant chaque incident pendant la récolte potentiellement dévastateur pour des familles entières.
Les incidents répétés pendant la période des récoltes alimentent les tensions entre colons et populations palestiniennes, et suscitent des réactions de gouvernements étrangers lorsque des ressortissants sont impliqués. Le rapatriement des militantes italiennes devrait apaiser à court terme la querelle diplomatique mais n’éteint pas les interrogations sur la protection des agriculteurs palestiniens ni sur la réponse des autorités israéliennes aux violences des colons, pointées par des ONG et observateurs internationaux.