Une vidéo provocatrice
Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, a publié le 19 octobre sur le réseau social X une vidéo générée par intelligence artificielle mettant en scène, de manière satirique, la « déportation » d’un habitant de la bande de Gaza vers un Paris détruit.
Sur ces images, un homme âgé portant un keffieh frotte une lampe magique ; un « génie », prenant les traits du ministre, apparaît et, à la demande du Palestinien souhaitant quitter Gaza, le téléporte instantanément à Paris, qualifié par la légende de la publication de "Gaza <3 Paris". La vidéo reprend la rhétorique de certains responsables israéliens prônant l’émigration volontaire des Gazaouis.
Réaction diplomatique française
Le Quai d’Orsay a rapidement répondu via son compte « French Response », dédié à la lutte contre la désinformation. Dans un message ironique, la diplomatie française a relevé l’absurdité de la mise en scène en notant qu’une « lampe magique » ne pouvait pas lever l’interdiction de séjour pesant sur M. Ben Gvir en France depuis mai, décision prise en raison de propos et d’actes jugés « inqualifiables » envers des militants pro‑palestiniens liés à la flottille pour Gaza.
« Imaginez que vous ayez une lampe magique et que vous gaspilliez votre vœu auprès de Ben Gvir. Même la magie ne peut pas lever l'interdiction qui lui est faite d'entrer en France. » — Quai d’Orsay, cité par France24
Nouvel échange et tonalité de la campagne
Suite à cette première vidéo, M. Ben Gvir a diffusé un autre message dans lequel il s’adresse en français au président Emmanuel Macron et affirme, selon France24, « Je suis sûr que vous êtes très satisfaits de ce qui se passe. Vous avez obtenu ce que vous vouliez : un État palestinien ! » Cette seconde publication s’accompagne d’images produites par IA montrant une rue parisienne détruite et des drapeaux palestiniens.
Contexte
- Le ministre est interdit de séjour en France depuis mai en raison d'actes et propos liés à la flottille pour Gaza, rappelle France24.
- La diffusion de contenus synthétiques intervient à une semaine des élections législatives israéliennes du 27 octobre, période marquée par une utilisation accrue de l'intelligence artificielle dans la campagne, selon France24.
La publication de contenus générés par IA par des responsables politiques soulève des questions sur la désinformation, la provocation diplomatique et l'instrumentalisation des images dans un contexte déjà tendu autour de la question palestinienne.