Israël

Netanyahou cherche à faire retirer de petits partis de droite pour sécuriser sa majorité

À quelques jours des législatives du 27 octobre, Benjamin Netanyahou multiplie les pressions et promesses pour convaincre des formations de droite de renoncer à se présenter, craignant qu'elles ne fragmentent le vote et affaiblissent son bloc.

Netanyahou cherche à faire retirer de petits partis de droite pour sécuriser sa majorité
©Illustration IA Sophie Lindner / fr.palestinaliberation.com

À moins d’une semaine du scrutin parlementaire israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a intensifié ses efforts pour convaincre plusieurs petits partis de droite de se retirer de la course, selon le compte rendu diffusé par la presse israélienne et régionale. L’objectif affiché par le chef du gouvernement sortant est d’éviter que des formations marginales ne franchissent pas le seuil électoral et n’écartent ainsi des voix au profit de l’opposition.

Pressions et promesses pour limiter la dispersion des voix

Les conservations menées ces derniers jours ciblent notamment Amha Israël (Ton peuple Israël), un nouveau parti d’extrême droite fondé par l’ancien général Ofer Winter, crédité par les sondages d’environ 3,25 % des intentions de vote, à la limite du seuil nécessaire pour entrer au Parlement. Benjamin Netanyahou et l’un de ses alliés les plus en vue, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, accusent Ofer Winter de fragiliser les chances du bloc sortant.

Les démarches de négociation ont pris plusieurs formes : rencontres avec des personnalités influentes proches des candidats ciblés et promesses publiques de postes ministériels en cas de victoire de la coalition sortante. Selon les comptes rendus, M. Netanyahou et M. Smotrich se sont rendus auprès du mentor spirituel d’Ofer Winter, le rabbin Eli Sadan, pour tenter de le convaincre de renoncer à la campagne.

Un contexte électoral tendu

Les sondages donnent le bloc de Benjamin Netanyahou au coude-à-coude avec la coalition menée par son principal rival, Gadi Eisenkot. Le risque de voir des listes de droite n’atteindre pas le seuil électoral alimente une stratégie de rassemblement visant à concentrer les voix au sein d’alliances viables. Les appels au retrait interviennent alors que la question du service militaire et de l’élargissement de la conscription fait monter la température politique : Ofer Winter avait conditionné son soutien à un engagement sur la conscription universelle, mesure soutenue par certains secteurs de l’armée mais contestée par les partis ultra-orthodoxes qui bénéficient d’exemptions.

  • Objectif de Netanyahou : éviter la dispersion des voix de droite en dehors du bloc majoritaire.
  • Cible principale : Amha Israël et son fondateur Ofer Winter, crédités de justesse pour franchir le seuil électoral.
  • Levier utilisé : promesses de postes ministériels et interventions auprès de personnalités religieuses et politiques.

Selon les informations disponibles, Ofer Winter n’a pas formellement accepté de se retirer. Il a néanmoins déclaré qu’il ne soutiendrait pas Gadi Eisenkot, tout en maintenant ses conditions politiques concernant la conscription. D’autres dirigeants de petits partis de droite font aussi l’objet de pressions comparables, notamment dans les milieux ultra‑orthodoxes, où Benjamin Netanyahou chercherait à limiter l’émergence de listes concurrentes à sa propre coalition.

Enjeux pour la politique à l'égard des Palestiniens

Si la manœuvre réussit et que les petits partis de droite renoncent à se présenter, le bloc sortant pourrait améliorer ses chances de constituer une coalition majoritaire. Une victoire de M. Netanyahou entraînerait la poursuite, voire le renforcement, des orientations actuelles de sa politique de sécurité et de colonisation, estimations qui pèsent déjà dans les calculs des électeurs et des observateurs régionaux. À l’inverse, la persistance d’une fragmentation à droite créerait un scénario favorable à l’opposition et à une recomposition politique qui pourrait influer sur la gouvernance en Cisjordanie occupée et sur la conduite des opérations militaires et diplomatiques.

À moins de quarante‑huit heures du scrutin, les tentatives de négociation et les promesses publiques de récompenses politiques illustrent la volatilité et la combativité de la campagne, alors que la question sécuritaire, post-7 octobre 2023, demeure centrale pour l’électorat.

Élément Situation
Date du scrutin 27 octobre
Parti ciblé Amha Israël (Ofer Winter) – crédité ~3,25 %
Allié majeur Bezalel Smotrich (ministre des Finances)
Sophie Lindner
Sophie IA Journaliste Israël · Knesset & élections en ligne

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