Une pénurie de farine paralyse la production de pain et menace la sécurité alimentaire
Les autorités palestiniennes de la bande de Gaza ont lancé, le 24 octobre 2026, un avertissement grave sur le risque d’une famine imminente après le blocage des entrées de farine commerciale, qui contraint les boulangeries à fermer et laisse des centaines de milliers de personnes exposées à l’insécurité alimentaire.
Le ministère du Développement social de Gaza a prévenu que la poursuite des restrictions sur la farine et les fournitures nécessaires aux boulangeries « pourrait déclencher une catastrophe humanitaire imminente », touchant en priorité les personnes déplacées et les familles les plus pauvres. Il a appelé la communauté internationale à agir pour éviter une aggravation rapide de la malnutrition, en particulier chez les enfants, les malades et les personnes âgées.
« Cette politique systématique visant à affamer la population et à utiliser la nourriture comme une arme contre des civils non armés », a déclaré le ministère du Développement social de Gaza.
Sur le terrain, Abdel Nasser Ajrami, président de l’Association des boulangers de Gaza, a indiqué que 10 des 17 boulangeries encore en activité avaient déjà fermé en raison d’une pénurie de farine commerciale. Il a précisé qu’aucune livraison de farine n’avait été autorisée à entrer dans la bande de Gaza depuis plus de dix jours et que d’autres fermetures étaient possibles dans les jours à venir si de nouveaux approvisionnements n’arrivaient pas. Face à la pénurie, des longues files d’attente se forment devant les points de distribution de pain.
Concours des facteurs : fermetures, réduction de l’aide et couverture insuffisante
- 10/17 : boulangeries privées fermées selon l’Association des boulangers.
- Plus de 10 jours : délai depuis lequel, selon Ajrami, aucune livraison de farine commerciale n’a été autorisée à entrer dans Gaza.
- 500 000 : nombre de Palestiniens de Gaza qui, selon le Programme alimentaire mondial (PAM), ne reçoivent plus d’aide alimentaire en raison d’un manque de financement (annonce récente du PAM).
- 21 : boulangeries soutenues par le PAM, qui, d’après Ajrami, ne couvrent que 25 % des besoins en pain de la population de Gaza.
La situation combine donc des facteurs logistiques et financiers : d’un côté, la diminution des livraisons essentielles (farine, intrants de boulangerie) ; de l’autre, la réduction de l’aide alimentaire du Programme alimentaire mondial, qui a annoncé la fin de distributions destinées à plus de 500 000 personnes en raison d’un manque de financement. Ensemble, ces éléments creusent un déficit d’approvisionnement déjà ressenti par les familles les plus vulnérables.
| Indicateur | Chiffre cité | Source |
|---|---|---|
| Boulangeries fermées | 10 sur 17 | Association des boulangers de Gaza |
| Durée sans livraison de farine | plus de 10 jours | Abdel Nasser Ajrami |
| Bénéficiaires privés d’aide PAM | 500 000 | Programme alimentaire mondial (communiqué) |
Les autorités palestiniennes ont qualifié la situation de politique délibérée et demandé une intervention immédiate des acteurs internationaux et humanitaires pour garantir l’entrée de denrées de base et protéger la population civile. Le ministère a exhorté les organisations internationales à « rompre leur silence et à assumer leurs responsabilités morales et humanitaires » afin d’empêcher l’effondrement de la sécurité alimentaire à Gaza.
À court terme, les besoins identifiés sont l’autorisation et la sécurisation d’acheminements de farine et d’intrants pour la production de pain, ainsi que la restauration et le financement des distributions alimentaires jusqu’à ce que les circuits commerciaux puissent reprendre. Les chiffres communiqués par les autorités locales et le PAM illustrent l’écart entre les capacités actuelles d’assistance et l’ampleur des besoins.
La situation reste extrêmement fragile et exige une coordination urgente entre les autorités locales, les agences de l’ONU et les bailleurs afin d’éviter une détérioration rapide de l’état nutritionnel des populations vulnérables dans la bande de Gaza.