L'Union européenne a demandé, le 23 octobre, au gouvernement israélien de retirer l'appel d'offres concernant le projet dit E1, qui prévoit la construction de plus de 1 200 logements entre Jérusalem‑Est et la colonie de Ma'ale Adumim. À l'issue d'un point presse, le porte‑parole de la Commission européenne, Anouar El Anouni, a averti que l'exécution de ce projet compromettrait gravement la viabilité d'une solution à deux États.
« L'Etat israélien a publié un appel d'offres pour la construction de plus de 1 200 logements dans le cadre du projet E1, et cela mine les perspectives d'une solution à deux États », a déclaré Anouar El Anouni, selon Anadolu.
La Commission européenne estime que l'E1 fracturerait la Cisjordanie en créant une séparation physique entre la partie nord et la partie sud du territoire, et isolerait Jérusalem‑Est, rendant plus difficile l'établissement d'un futur État palestinien contigu. Le porte‑parole a ajouté que ces décisions s'inscrivent « dans un écosystème » marqué par une recrudescence de la violence et un niveau record d'agressions commises par des colons dans les territoires palestiniens occupés.
Position de l'UE et contexte
Lors de son intervention, la Commission a rappelé sa position de principe: les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem‑Est sont « illégales au regard du droit international », et leur expansion constitue un obstacle majeur à la paix. Elle a appelé à ce que « ceux qui sont responsables de violences dans la zone soient tenus pour responsables », selon Anadolu.
- Appel d'offres publié pour plus de 1 200 logements dans la zone E1.
- L'UE estime que le projet « diviserait la Cisjordanie » et « isolerait Jérusalem‑Est ».
- Bruxelles réaffirme son attachement à une solution fondée sur une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, conduisant à deux États vivant côte à côte en paix et sécurité.
Implications
Le rappel public de l'Union européenne intervient dans un contexte de tensions accrues en Cisjordanie, entre hausse des violences de colons et opérations militaires israéliennes, et à l'approche d'élections israéliennes qui voient l'agenda des colonies fortement politisé. En soulignant la nécessité de tenir les auteurs de violences pour responsables, Bruxelles place la question des colonies au cœur de sa diplomatie pour préserver le cadre d'une solution négociée.
| Élément | Informations |
|---|---|
| Projet | E1 (zone entre Jérusalem‑Est et Ma'ale Adumim) |
| Volume annoncé | Plus de 1 200 logements (appel d'offres) |
| Position de l'UE | Appel au retrait de l'appel d'offres; affirme que le projet nuit à la solution à deux États |
La Commission a par ailleurs condamné « tous les actes de terrorisme et de violence à l'encontre des civils » tout en soulignant le besoin de liberté de circulation et de sécurité pour les populations civiles. Le message de l'UE s'inscrit dans une série de critiques internationales contre l'expansion des colonies, que de nombreux acteurs considèrent comme un facteur d'instabilité et un obstacle juridique et politique à la création d'un État palestinien viable.