Une trentaine d’anciens responsables militaires israéliens, dont six généraux, ont aidé mardi des agriculteurs palestiniens à récolter leurs olives en Cisjordanie occupée. Cette initiative intervient pendant une saison marquée par des agressions de colons, des restrictions d’accès aux terres et des difficultés croissantes pour les propriétaires palestiniens à rejoindre leurs vergers.
À l’origine de ce groupe figure Eyal Ben-Reuven, ancien général de division. Il a expliqué à la chaîne irlandaise RTE avoir commencé à rassembler ces anciens responsables il y a plusieurs mois, après une hausse des violences visant des Palestiniens. Selon lui, leur présence doit permettre aux agriculteurs d’accéder à leurs parcelles et de recueillir une partie de leur production.
« Quand je vois ce qui se passe ici, quand je vois ces hommes arriver et frapper des femmes et des enfants, cela me rappelle les récits de mes parents sur la période où le peuple juif souffrait », a déclaré Eyal Ben-Reuven à RTE.
L’ancien officier a comparé les attaques de colons à des pogroms. Cette qualification n’est pas reprise à son compte par Palestina Liberation : elle correspond aux propos rapportés par le média irlandais. D’autres participants ont également mis en cause la poursuite de la colonisation et l’idée d’une annexion de la Cisjordanie. Doron Meinert, ancien colonel, a estimé que la situation liée à l’occupation constituait un problème central pour la société israélienne et qu’elle devait être traitée avec les Palestiniens.
Des agriculteurs empêchés d’accéder à leurs terres
Dans le secteur du village de Qusra, près de Naplouse, Nimr Nazzal, propriétaire de terres où les anciens militaires prêtaient main-forte aux cueilleurs, a déclaré que leur présence était indispensable. Selon lui, les attaques de colons auraient rendu l’accès à ses oliviers impossible sans cette protection. Il a aussi affirmé que plusieurs de ces attaques bénéficiaient de l’appui de l’armée israélienne. Cette accusation est attribuée à l’agriculteur par RTE et n’est pas étayée, dans l’article, par une réponse détaillée des autorités israéliennes.
L’armée israélienne a déclaré condamner les violences et agir pour maintenir la sécurité en Cisjordanie occupée. Cette position officielle contraste avec le témoignage de propriétaires palestiniens cité par RTE, qui dénoncent des agressions et des obstacles persistants pendant la récolte. Le média ne rapporte pas de réaction des colons concernés aux accusations formulées par les agriculteurs ou par les anciens militaires.
Un bilan des agressions pendant la récolte
L’organisation israélienne de défense des droits humains Yesh Din a recensé 180 attaques physiques contre des cueilleurs palestiniens au cours des 35 premiers jours de la saison des olives. Le bilan communiqué par l’organisation concerne les agressions signalées durant cette période ; il ne précise pas, dans les éléments rapportés par RTE, le nombre de personnes blessées ni la répartition géographique des incidents.
| Élément | Donnée rapportée |
|---|---|
| Anciens responsables mobilisés | Environ 30 |
| Généraux parmi eux | 6 |
| Attaques recensées par Yesh Din | 180 en 35 jours |
- Les agriculteurs palestiniens font face à des agressions et à des restrictions d’accès à leurs terres.
- Des anciens militaires israéliens disent vouloir soutenir les cueilleurs et s’opposer à une annexion de la Cisjordanie.
- Les autorités militaires israéliennes affirment condamner les violences et assurer la sécurité dans le territoire.
Les anciens militaires interrogés par RTE ont enfin évoqué les répercussions diplomatiques de ces violences. Jonatan Yoni, ancien général de brigade, a déclaré qu’elles créaient des difficultés pour Israël dans les pays occidentaux et aux États-Unis. Il a dit être motivé à la fois par la situation des agriculteurs palestiniens et par son opposition à une annexion de la Cisjordanie. Leur intervention ne modifie pas, à elle seule, les conditions d’accès aux terres, mais elle met en lumière les tensions qui entourent la récolte des olives et les accusations portées contre les colons et les autorités chargées de la sécurité.