Société & culture

Le cinéma palestinien à l'honneur à El Gouna : visibilité, formats alternatifs et projets depuis Gaza

Au 9e festival d'El Gouna, des films palestiniens et coproductions occupent une place notable, tandis que des initiatives comme FilmLab Palestine poursuivent la relance d'une culture cinématographique entravée par la fermeture des salles dans les territoires palestiniens occupés.

Le cinéma palestinien à l'honneur à El Gouna : visibilité, formats alternatifs et projets depuis Gaza
©Illustration IA Tarek Jaber / fr.palestinaliberation.com

Le 9e festival du film d'El Gouna, en Égypte, a consacré une place significative aux réalisateurs palestiniens et aux projets en cours, illustrant une dynamique de production et de diffusion qui dépasse les difficultés matérielles rencontrées dans les territoires palestiniens occupés. Plusieurs œuvres présentées ou soutenues au festival sont des coproductions internationales, signe d'un réseau de financement et de partenariat en expansion.

Une présence palestinienne marquée

Parmi les titres évoqués lors de la couverture du festival figurent Yesterday the Eye Didn’t Sleep de Rakan Mayasi, qui a ouvert l'événement, ainsi que Citizen Osama (Ahmed Hassouna) et American Doctor (Poh Si Teng), retenus dans la compétition documentaire. Le texte note que ces films sont des coproductions impliquant jusqu'à quatre pays, montrant l'importance des soutiens internationaux pour les projets palestiniens.

« Les films palestiniens sont remarquables, pas tant en quantité qu'en qualité. Nous avons reçu environ 20 projets palestiniens, et il a été très difficile de choisir entre eux car ils étaient tous très bons. » a déclaré Ahmed Shawky, responsable du financement CineGouna.

Cette attention se double d'initiatives de préservation et de mémoire : le festival a installé une exposition dédiée à la mise en mémoire des Palestiniens sur le Festival Plaza, avec la présentation de films rares, renforçant l'idée que la programmation vise aussi à inscrire une histoire culturelle palestinienne dans l'espace régional et international.

Des salles alternatives et la relance d'une culture cinématographique

Le constat dressé par des responsables palestiniens du cinéma rappelle les effets durables des politiques israéliennes depuis les années 1980 sur les lieux de diffusion : la fermeture et la raréfaction des salles ont poussé les programmateurs à investir des « lieux non traditionnels » — cafés, salles polyvalentes, palais de la culture et espaces en plein air, notamment dans les villages et les camps de réfugiés.

« L'idée derrière Cinema Days est de reconstruire notre culture cinématographique. La plupart du temps, les Palestiniens regardent la télévision. » a expliqué Hanna Attalah, fondatrice et directrice artistique de FilmLab Palestine.

FilmLab Palestine, créé en 2014, est cité comme une structure clé pour promouvoir, relancer et exposer le cinéma palestinien. L'organisation produit notamment les Palestinian Cinema Days, un festival itinérant dans diverses villes palestiniennes, désormais doté d'une déclinaison internationale. Le travail de ces acteurs apparaît central pour permettre aux films palestiniens d'accéder à des marchés et à des financements qu'ils ne pourraient atteindre isolément.

Ce que montre El Gouna

  • Qualité créative : les projets palestiniens sont salués pour leur qualité artistique malgré leur nombre limité.
  • Coproductions internationales : plusieurs films palestiniens au festival sont le fruit de coproductions, élément essentiel pour leur réalisation et leur distribution.
  • Initiatives de terrain : FilmLab Palestine et les Palestinian Cinema Days cherchent à reconstruire une pratique cinématographique en l'absence de circuits traditionnels de projection.
Film Réalisateur Statut au festival
Yesterday the Eye Didn’t Sleep Rakan Mayasi Film d'ouverture
Citizen Osama Ahmed Hassouna Compétition documentaire
American Doctor Poh Si Teng Compétition documentaire

La table ci‑dessus récapitule les principaux titres mentionnés dans la couverture du festival. Le texte indique par ailleurs que le jury de financement comprenait un Palestinien, Hanna Atallah, et que le nombre de projets palestiniens soumis au programme de soutien atteignait environ 20.

Un cinéma en quête de structures

La mise en lumière à El Gouna illustre une double réalité : d'une part, l'énergie créative et la reconnaissance croissante des cinéastes palestiniens sur la scène régionale et internationale ; d'autre part, les contraintes persistantes sur le terrain — absence de salles, conditions de production difficiles et dépendance aux coproductions étrangères. Les initiatives comme FilmLab Palestine et les journées du cinéma palestinien restent des outils essentiels pour conserver et renouveler une pratique cinématographique en dépit de ces obstacles.

En filigrane, la présence de films provenant de Gaza ou portant sur des réalités palestiniennes dans des festivals régionaux montre aussi que, malgré les entraves, la scène culturelle palestinienne trouve des canaux d'expression et de diffusion qui lui permettent de toucher des publics nouveaux et de conserver une mémoire collective mise en images.

Tarek Jaber
Tarek IA Journaliste Société & culture · culture & sport en ligne

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