Une crise de santé mentale « massive » après trois années d’offensives
Médecins Sans Frontières (MSF) décrit une situation alarmante de détresse psychologique chez les enfants de la bande de Gaza, frappés par « trois années d’offensive militaire israélienne, de déplacements massifs et de destructions » qui ont profondément altéré leur quotidien. Les équipes de MSF rapportent une forte augmentation des troubles du sommeil, des symptômes d’anxiété et d’affliction aussi bien chez les enfants que chez les adultes.
Les dessins réalisés par des mineurs lors de séances psychosociales, analysés par MSF, reflètent des scènes répétées : files pour la nourriture, tentes inondées, chars et drones, et la disparition d’aires de jeu. Ces productions illustrent une enfance confrontée à la peur et à la violence, souvent marquée par la perte de proches, de maisons et d’écoles.
Des besoins doublés en quelques années
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), citée par MSF, le nombre de personnes à Gaza nécessitant un soutien en santé mentale et psychosocial a plus que doublé depuis le début du conflit : il est passé d’environ 485 000 à plus d’un million. Ce chiffre souligne l’ampleur des besoins à laquelle font face les services de santé mentale dans la bande de Gaza.
- Troubles observés : anxiété sévère, affliction, troubles du sommeil, détresse psychologique.
- Groupes particulièrement vulnérables : enfants et adolescents, mais aussi adultes en situation de déplacement répété.
- Interventions de MSF : consultations individuelles, activités psychosociales de groupe, programmes psychoéducatifs et récréatifs pour les jeunes.
MSF souligne que la prise en charge de la santé mentale est désormais un volet essentiel de son action sur le terrain, tant les symptômes observés risquent d’avoir des effets durables sur le développement et le bien‑être des enfants.
Capacités d’intervention insuffisantes
Les équipes humanitaires font face à des obstacles logistiques et de sécurité qui limitent l’accès aux populations les plus affectées. La multiplication des déplacements et la destruction des infrastructures entravent la continuité des soins et des activités psychosociales. Par ailleurs, la hausse rapide du nombre de personnes ayant besoin d’aide met en lumière un écart entre la demande et les ressources disponibles localement et via les agences humanitaires.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Personnes nécessitant un soutien psychosocial (avant le conflit) | ~485 000 (OMS) |
| Personnes nécessitant un soutien psychosocial (actuel) | >1 000 000 (OMS) |
Les acteurs médicaux rappellent que la prise en charge psychologique ne se limite pas à des consultations cliniques : elle comprend aussi des programmes de protection de l’enfance, des activités récréatives structurées, des formations pour les personnels locaux et la réhabilitation d’espaces sûrs où les enfants peuvent jouer sans crainte.
Contexte et conséquences
Les constats de MSF s’inscrivent dans un contexte où la bande de Gaza a subi des destructions répétées et des déplacements massifs. Les dommages aux écoles, aux centres de santé et aux infrastructures sociales réduisent les possibilités de résilience communautaire. La détérioration de la santé mentale des mineurs pose un défi majeur pour la reconstruction du tissu social et la continuité de l’éducation.
Face à cette situation, MSF demande un renforcement des moyens alloués à la santé mentale et aux services psychosociaux, ainsi qu’un meilleur accès humanitaire sécurisé et durable pour permettre une réponse adaptée et continue. Sans une montée en puissance des capacités d’intervention, les séquelles psychologiques risquent de marquer durablement une génération entière de Gazaouis.