Treize membres du Parlement européen ont soumis une question écrite à la Commission européenne pour obtenir des explications sur l'évaluation des réformes annoncées par l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA). Le texte, enregistré sous le numéro E-004153/2026 et déposé le 13 octobre, fait suite à une enquête d'UN Watch qui conteste la réalité des changements présentés par l'agence onusienne.
Une demande de réponse formelle et publicisée
Conformément à la règle 144 du Parlement européen, la Commission dispose de six semaines pour donner une réponse écrite, laquelle sera publiée dans le registre public des questions parlementaires. Les députés, menés par la Suédoise Alice Teodorescu Måwe, mettent en cause la fiabilité des affirmations d'UNRWA quant à l'application des recommandations issues d'un examen indépendant mené en avril 2024 sous la direction de l'ancienne ministre française Catherine Colonna.
« La Commission européenne doit agir lorsque l'UNRWA induit en erreur sur les réformes », a écrit Alice Teodorescu Måwe sur X, estimant que « l'UNRWA prétendait avoir mis en œuvre 41 de ces 50 recommandations, mais l'enquête d'UN Watch fournit des preuves claires du contraire. »
Les signataires demandent à la Commission de préciser sur quelles bases indépendantes elle s'appuiera pour vérifier les progrès d'UNRWA, et si l'Agence, en cas de manquements persistants, verra ses aides futures conditionnées à des validations externes.
Les points contestés par UN Watch
- Neutralité du personnel : UN Watch affirme que des problèmes de partialité et d'affiliations problématiques subsisteraient.
- Incitation et contenus éducatifs : l'enquête met en doute la suppression effective de messages jugés problématiques dans certains matériels pédagogiques.
- Responsabilité interne : selon UN Watch, les mécanismes de contrôle et de reddition de comptes n'auraient pas été pleinement opérationnalisés.
Le rapport d'UN Watch prend pour référence les 50 recommandations formulées par le panel Colonna en avril 2024. L'UNRWA a, pour sa part, affirmé cet été avoir mis en œuvre 41 de ces 50 recommandations ; c'est précisément cette divergence d'évaluation qui motive la question parlementaire.
Contexte : financement et votes internationaux
La démarche survient à la veille de votes importants aux Nations unies, où la crédibilité et la transparence d'UNRWA peuvent influer sur les positions et sur la pérennité des soutiens financiers, notamment européens. Les gouvernements bailleurs exigent de plus en plus des éléments vérifiables avant d'allouer ou de renouveler des financements.
| Élément | Chiffres cités |
|---|---|
| Nombre de recommandations (panel Colonna, avril 2024) | 50 |
| Recommandations qu'UNRWA affirme avoir mises en œuvre | 41 |
| Nombre d'eurodéputés signataires | 13 |
| Référence question parlementaire | E-004153/2026 |
La Commission européenne doit donc, dans les six semaines suivant la réception de la question, indiquer comment elle vérifie indépendamment les progrès d'UNRWA et si elle envisage de conditionner son financement à des audits externes ou à des indicateurs précis. La réponse publique de la Commission sera suivie de près par les bailleurs, les ONG et les autorités palestiniennes, pour qui le maintien d'une assistance stable de l'UNRWA demeure essentiel face aux besoins dans les territoires palestiniens occupés.
La question parlementaire illustre la tension croissante entre les exigences de transparence demandées par certains acteurs politiques et la nécessité, selon d'autres, de préserver les capacités opérationnelles d'une agence qui assure des services essentiels aux réfugiés palestiniens.