Des déchets, des terres expropriées et l'impression d'être laissés pour compte
Dans le village de Sajur, en Galilée, une décharge sauvage proche des habitations illustre un malaise profond : des ordures qui s'entassent, des maisons serrées et une séparation nette avec la ville voisine de Karmiel où parcs et espaces verts sont entretenus. Ce constat, rapporté par Reporterre, est présenté par des habitants et des militants comme la face visible d'une discrimination environnementale affectant les Palestiniens d'Israël.
Jamila Hardal, avocate et directrice de l'association Citoyens pour l'environnement en Galilée, qualifie cette discrimination de structurelle, en expliquant que certaines localités arabes peinent à obtenir des services élémentaires, parmi lesquels la collecte régulière des déchets. Des suspensions prolongées de la collecte conduisent parfois à l'incinération des ordures dans des quartiers résidentiels, selon le reportage.
« Nous vivons une discrimination environnementale qui est structurelle. Les localités arabes peinent toujours à obtenir ne serait-ce que les services environnementaux les plus élémentaires », a déclaré Jamila Hardal à Reporterre.
Un héritage territorial et des carences persistantes
Le texte rappelle que les Palestiniens restés en Palestine historique après 1948 disposent désormais de très peu de terres : « ils ne disposent plus que de 3 % de leur territoire historique », souligne le reportage. Cette réduction foncière est mise en relation avec des restrictions d'urbanisme, des coupes budgétaires et des difficultés d'accès aux financements pour la rénovation énergétique et les infrastructures.
| Problèmes signalés | Conséquences locales |
|---|---|
| Collecte irrégulière des déchets | Accroissement des décharges sauvages et brûlage des ordures |
| Restrictions d'urbanisme | Construction spontanée et habitat surpeuplé |
| Moindre accès aux fonds | Retard des rénovations et absence d'équipements publics |
Un scepticisme face aux promesses électorales
À la veille des élections législatives israéliennes du 27 octobre, le reportage interroge la capacité du prochain gouvernement à remédier à ces inégalités. Pour Jamila Hardal, la reconnaissance pleine et entière des Palestiniens de 1948 en tant que citoyens à part entière reste improbable, au regard de ce qu'elle qualifie comme l'une des phases « les plus difficiles » de leur histoire.
- Des habitants vivent à proximité immédiate de décharges illégales.
- Les politiques d'aménagement favorisent souvent les localités juives voisines.
- Les associations locales réclament des mesures structurelles plutôt que des réponses ponctuelles.
Le reportage de Reporterre donne la parole à des acteurs locaux et documente des inégalités concrètes sur l'accès aux services, sans chiffrer l'ensemble des déficits. Il éclaire un aspect moins visible mais tangible des discriminations dont se plaignent les Palestiniens citoyens d'Israël, et qui pèse sur leur quotidien indépendamment des enjeux sécuritaires et diplomatiques qui occupent l'actualité.