À quelques heures du scrutin israélien décrit comme indécis, la campagne tourne autour de la figure de Benjamin Netanyahou et des responsabilités politiques et sécuritaires liées à l’attaque du 7 octobre 2023. Les principaux éléments de la compétition portent non seulement sur la survie politique du chef du gouvernement sortant mais aussi sur la manière dont le prochain exécutif entend gérer Gaza, la Cisjordanie occupée et la question d’un futur État palestinien.
Une course serrée sans majorité évidente
Les derniers sondages, cités par Reuters, laissent entrevoir un résultat fragmenté : aucune formation ne paraît en mesure de réunir seule les 61 sièges nécessaires pour obtenir la majorité parlementaire. Selon ces mêmes relevés, l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, à la tête du parti Yashar, a parfois devancé le Likud de Netanyahou, mais un bon positionnement dans les sondages ne garantit pas la formation d’un gouvernement.
Le paysage politique est marqué par des divisions profondes au sein de l’opposition — qui rassemble des personnalités aussi diverses que Naftali Bennett et Avigdor Lieberman — et par des partenaires potentiels de Netanyahou à l’extrême droite et dans les partis ultraorthodoxes, ce qui complexifie les calculs de coalition.
- Appui international : le président des États-Unis, Donald Trump, a réitéré son soutien à Netanyahou, un argument de campagne mis en avant par le Likud.
- Thème sécuritaire : la responsabilité pour les événements du 7 octobre et la gestion militaire subséquente restent au cœur du débat public, avec des appels à des enquêtes critiquant les lacunes précédentes.
- Alternative politique : Eisenkot se présente comme un axe de rupture avec Netanyahou, tout en posant ses propres limites politiques, notamment sur la coopération avec les partis représentant les citoyens arabes d’Israël.
Dans la campagne, le camp de Netanyahou valorise son bilan militaire et sa proximité avec Washington. Ophir Falk, conseiller pour les affaires étrangères de Netanyahou, a résumé cet argument dans des propos publiés par The Jerusalem Post :
« Qui coopérera et se coordonnera le mieux avec le Président pour terminer le travail en Iran et étendre la paix dans la région ? » a déclaré Ophir Falk au Jerusalem Post, selon le compte rendu de l'entretien.
Conséquences pour la question palestinienne
Les observateurs européens espèrent qu’un changement de gouvernement pourrait permettre un réchauffement des relations entre Israël et l’Union européenne. Toutefois, comme le notent plusieurs commentateurs, même une alternance au pouvoir ne garantirait pas la résolution des différends majeurs : le sort de Gaza, le statut de la Cisjordanie occupée et la perspective d’un État palestinien restent des sujets qui divisent profondément les forces politiques israéliennes.
| Facteur | Implication pour la Palestine |
|---|---|
| Victoire de Netanyahou | Probable continuité des politiques actuelles vis‑à‑vis de Gaza et des colonies |
| Alternance avec coalition modérée | Possibilité de relance du dialogue avec l'UE, mais pas de garantie sur la question de l'État palestinien |
Le résultat dépendra donc autant du rapport de forces électoral que des négociations de coalition post‑vote. Les prochaines heures détermineront non seulement la trajectoire politique d’Israël mais aussi les perspectives diplomatiques et humanitaires pour les Palestiniens dans les territoires palestiniens occupés.