Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a tiré jeudi un avertissement sévère sur l'évolution de la situation dans les territoires palestiniens occupés, estimant que la situation en Cisjordanie occupée est « tout simplement hors de contrôle ». Ses propos, rapportés par l'agence Anadolu, soulignent une multiplication des violences attribuées à des colons israéliens, visant selon lui à « chasser les communautés palestiniennes de leurs terres ».
« En Cisjordanie occupée, les Palestiniens continuent de subir des attaques quotidiennes de colons israéliens. L'objectif est clairement de chasser les communautés de leurs terres », a déclaré Antonio Guterres à des journalistes, selon Anadolu.
Le chef de l'ONU a également pointé le caractère croissant de ces attaques, qui, d'après lui, ne ciblent pas seulement des civils mais touchent aussi des journalistes et des diplomates opérant dans la région. Ce constat s'inscrit dans un contexte de tensions récurrentes en Cisjordanie, où les incidents entre colons et Palestiniens se sont intensifiés au cours des dernières années, alimentant expropriations, restrictions de mouvement et opérations de sécurité israéliennes.
Une alerte humanitaire pour Gaza et la Cisjordanie
Parallèlement à cette alerte sécuritaire, Antonio Guterres a mis l'accent sur la situation humanitaire, en particulier à l'approche de la saison froide. Il a souligné que l'aide humanitaire à Gaza restait fortement restreinte, rendant la mise en œuvre de la feuille de route soutenue par le Conseil de sécurité plus difficile.
Le secrétaire général a cité un besoin urgent du Programme alimentaire mondial (PAM) : 450 millions de dollars seraient nécessaires pour nourrir les populations de Gaza et de Cisjordanie au cours des six prochains mois. Il a rappelé que cette somme équivalait, selon lui, à environ 90 minutes de dépenses militaires mondiales, une comparaison destinée à appuyer son appel aux donateurs internationaux.
- Besoins identifiés : 450 millions de dollars pour la nourriture à Gaza et en Cisjordanie sur six mois (PAM, cité par l'ONU).
- Violences en Cisjordanie : attaques quotidiennes de colons visant civils, journalistes et diplomates, selon le secrétaire général.
- Accès humanitaire : Guterres alerte sur des restrictions persistantes qui compromettent les opérations de secours, notamment à l'approche de l'hiver.
Le secrétaire général a aussi élargi son propos en évoquant les répercussions régionales et économiques des conflits : il a comparé la succession des affrontements à un « El Niño de la guerre », soulignant que la multiplication des conflits affecte les marchés de l'énergie, les routes maritimes et les systèmes financiers, et contribue à l'aggravation des tensions sociales et économiques dans de nombreux pays.
Contexte et conséquences immédiates
Le constat de Guterres s'inscrit dans une série d'observations internationales sur l'évolution de la situation en Cisjordanie, où les organisations internationales et les diplomates ont à plusieurs reprises alerté sur la hausse des incidents liés aux colons et sur leur impact sur la population palestinienne. Le besoin financier mis en avant pour l'aide alimentaire intervient alors que plusieurs agences humanitaires ont déjà signalé des restrictions et des coupes de distribution dans la bande de Gaza.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Montant réclamé | 450 millions de dollars (PAM, cité par l'ONU) |
| Période | 6 mois |
| Zones concernées | Gaza et Cisjordanie |
En insistant sur l'urgence du financement, Antonio Guterres a appelé les États donateurs à intensifier leur soutien et a réitéré son message politique : selon lui, la fin de l'occupation est une condition nécessaire pour permettre une solution durable, y compris la possibilité d'une solution à deux États. Cette formulation reprend le cadre politique souhaité par l'ONU mais ne préjuge pas des positions ou des initiatives concrètes que pourraient prendre les États concernés.
Les autorités palestiniennes, les agences humanitaires et les missions diplomatiques sur place suivent de près ces appels au financement et ces avertissements sécuritaires. L'évolution des flux d'aide et la capacité des organisations humanitaires à maintenir et étendre leurs opérations dépendront directement de la réaction des donateurs internationaux et de la facilitation de l'accès humanitaire sur le terrain.