Un laboratoire musical pour préserver la mémoire palestinienne
Au festival Jodhpur RIFF, qui s'est tenu du 22 au 26 octobre, des musiciens palestiniens ont mis en lumière une stratégie culturelle de sauvegarde et de renouvellement des traditions musicales face aux destructions provoquées par la guerre dans la bande de Gaza. Parmi eux, Isam Elias, pianiste et compositeur originaire de Nazareth, a présenté le projet électronique Zenobia, issu d'une collaboration avec le chanteur Nasser Halahlih et plusieurs artistes folkloriques palestiniens.
Selon le compte rendu publié par Firstpost, Isam Elias, âgé de 35 ans, avait prévu une grande tournée en 2023 et 2024 avant que les attaques du 7 octobre 2023 n'interrompent ces plans. Plutôt que d'abandonner leur travail, les membres de Zenobia et d'autres musiciens expliquent avoir renforcé leur engagement pour archiver, réinterpréter et diffuser un répertoire traditionnel menacé par la destruction du paysage et des infrastructures culturelles.
« Notre travail continue », a déclaré Isam Elias, expliquant que collecter et réinterpréter les chansons traditionnelles permet de préserver des mémoires qui ne seront pas effacées par les bombardements, a rapporté Firstpost.
Un pont entre tradition et modernité
Le projet Zenobia mélange mélodies orientales et beats électroniques, accompagnant des chanteurs folkloriques pour créer un répertoire renouvelé. Le nom de l'album en préparation, Halak Halak, figure dans la présentation et devrait paraître l'année prochaine selon le même article. Les artistes soulignent que le caractère vivant de ces chants — transmis de génération en génération — exige des formes nouvelles pour atteindre des publics contemporains et assurer leur survie.
- Objectif culturel : sauvegarder l'héritage immatériel palestinien.
- Stratégie artistique : fusionner musique folklorique et électronique pour renouveler l'écoute.
- Contrainte : tournées et activités perturbées par la guerre déclenchée le 7 octobre 2023.
Intervenant au Jodhpur RIFF, Isam Elias a expliqué que la destruction des lieux ne signifie pas la disparition des chansons, qui constituent une mémoire collective difficile à éradiquer même en temps de guerre. Le festival indien a ainsi offert une tribune internationale à ces démarches de préservation, tout en inscrivant la musique palestinienne dans un dialogue mondial avec d'autres traditions sonores.
La démarche artistique mise en avant au Jodhpur RIFF illustre comment la culture palestinienne se réorganise : non seulement pour documenter ce qui a été perdu, mais aussi pour inventer des formes sonores capables d'assurer la continuité de la mémoire et d'ouvrir des espaces de diffusion nouveaux pour des publics internationaux.