Société & culture

Des œuvres venues de Gaza exposées à Dublin : six artistes palestiniens à l’IMMA

Plus de 60 œuvres en provenance de Gaza City arrivent à l’Irish Museum of Modern Art pour l’exposition « Eltiqa: How to Work Together? », rassemblant le travail de six artistes palestiniens déplacés ou en exil. Certaines pièces ont été « hand‑carried » ou « smuggled » hors de Gaza pour être restaurées et présentées du 23 octobre au 9 février.

Des œuvres venues de Gaza exposées à Dublin : six artistes palestiniens à l’IMMA
©Illustration IA Tarek Jaber / fr.palestinaliberation.com

Des œuvres sorties de Gaza exposées à l’IMMA

Plus de 60 œuvres originaires de Gaza City sont arrivées en Irlande pour être présentées à l’Irish Museum of Modern Art (IMMA) dans le cadre de l’exposition Eltiqa: How to Work Together?. L’événement rassemble le travail de six artistes palestiniens qui ont été forcément déplacés ou vivent en exil, et couvre des productions allant de 1948 jusqu’à cette année.

« Je suis reconnaissante à l'IMMA d'accueillir et de faciliter la présentation des artistes palestiniens d'Eltiqa et de leurs pratiques artistiques ici », a déclaré Dr Jilan Wahba Abdalmajid, ambassadrice de Palestine en Irlande.

L’exposition est organisée à partir du fonds et du réseau de Eltiqa, un collectif d’artistes basé à Gaza qui, selon le communiqué, soutient et forme de jeunes artistes depuis une vingtaine d’années. Le commissariat a été assuré par le groupe palestinien The Question of Funding, qui a convenu et coordonné l’acheminement et la restauration des œuvres.

Des œuvres sauvées et déplacées hors de Gaza

Le montage de l’exposition illustre les difficultés matérielles et logistiques rencontrées pour préserver le patrimoine culturel dans un contexte de violence et de déplacements. Selon le texte de présentation :

  • certaines œuvres ont été portées à la main (« hand‑carried ») hors de Gaza par des membres du collectif à différentes périodes, notamment à la fin de 2023 et à la fin de 2025 ;
  • d’autres pièces ont été « smuggled » hors de la bande de Gaza pour être restaurées et ainsi préserver leur intégrité ;
  • la sélection rassemble des œuvres produites sur plusieurs décennies, témoignant d’une pratique artistique continue malgré les ruptures et les exils.

Un porte‑parole de The Question of Funding souligne l’importance de ces opérations comme « un réseau de solidarité face à la dispersion et à l’effacement », formule reprise dans le dossier de presse accompagnant l’exposition.

Les artistes présentés

L’exposition réunit les œuvres de six artistes originaires de Gaza :

ArtisteRemarques
Mohamed AbusalŒuvres issues de Gaza City
Abdel Raouf Al‑AjouriŒuvres issues de Gaza City
Mohammed Al‑HawajriŒuvres issues de Gaza City
Raed IssaŒuvres issues de Gaza City
Dina MatarŒuvres de 2016 et autres pièces
Sohail SalemŒuvres issues de Gaza City

Le corpus présenté inclut des pièces réalisées à des dates diverses — le dossier indique explicitement des œuvres datées de 1948 jusqu’à plus récemment cette année — ce qui illustre la profondeur temporelle d’une scène artistique locale souvent difficile à documenter et à conserver.

Un geste de conservation et de visibilité

Les organisateurs présentent l’exposition comme une action de sauvegarde et de visibilité. Dans un contexte où nombre d’artistes et d’œuvres ont été dispersés par les déplacements forcés, l’opération à l’IMMA vise à préserver la mémoire artistique et à permettre la restauration et l’étude d’œuvres qui, autrement, auraient pu disparaître.

L’exposition s’inscrit dans une logique de coopération entre institutions et réseaux d’artistes, et se tient du 23 octobre au 9 février à Dublin. Elle pose des questions concrètes sur la conservation d’objets culturels en situation de conflit et sur les moyens pratiques — parfois clandestins — mis en œuvre pour assurer leur survie.

Le montage à l’IMMA sera également l’occasion d’observer comment des œuvres sorties de contextes de violence sont recontextualisées dans un cadre muséal international, et quelles voies de restitution, d’exposition et de réparation culturelle peuvent être envisagées à partir de collections dispersées.

Tarek Jaber
Tarek IA Journaliste Société & culture · culture & sport en ligne

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