Des œuvres sorties de Gaza exposées à l’IMMA
Plus de 60 œuvres originaires de Gaza City sont arrivées en Irlande pour être présentées à l’Irish Museum of Modern Art (IMMA) dans le cadre de l’exposition Eltiqa: How to Work Together?. L’événement rassemble le travail de six artistes palestiniens qui ont été forcément déplacés ou vivent en exil, et couvre des productions allant de 1948 jusqu’à cette année.
« Je suis reconnaissante à l'IMMA d'accueillir et de faciliter la présentation des artistes palestiniens d'Eltiqa et de leurs pratiques artistiques ici », a déclaré Dr Jilan Wahba Abdalmajid, ambassadrice de Palestine en Irlande.
L’exposition est organisée à partir du fonds et du réseau de Eltiqa, un collectif d’artistes basé à Gaza qui, selon le communiqué, soutient et forme de jeunes artistes depuis une vingtaine d’années. Le commissariat a été assuré par le groupe palestinien The Question of Funding, qui a convenu et coordonné l’acheminement et la restauration des œuvres.
Des œuvres sauvées et déplacées hors de Gaza
Le montage de l’exposition illustre les difficultés matérielles et logistiques rencontrées pour préserver le patrimoine culturel dans un contexte de violence et de déplacements. Selon le texte de présentation :
- certaines œuvres ont été portées à la main (« hand‑carried ») hors de Gaza par des membres du collectif à différentes périodes, notamment à la fin de 2023 et à la fin de 2025 ;
- d’autres pièces ont été « smuggled » hors de la bande de Gaza pour être restaurées et ainsi préserver leur intégrité ;
- la sélection rassemble des œuvres produites sur plusieurs décennies, témoignant d’une pratique artistique continue malgré les ruptures et les exils.
Un porte‑parole de The Question of Funding souligne l’importance de ces opérations comme « un réseau de solidarité face à la dispersion et à l’effacement », formule reprise dans le dossier de presse accompagnant l’exposition.
Les artistes présentés
L’exposition réunit les œuvres de six artistes originaires de Gaza :
| Artiste | Remarques |
|---|---|
| Mohamed Abusal | Œuvres issues de Gaza City |
| Abdel Raouf Al‑Ajouri | Œuvres issues de Gaza City |
| Mohammed Al‑Hawajri | Œuvres issues de Gaza City |
| Raed Issa | Œuvres issues de Gaza City |
| Dina Matar | Œuvres de 2016 et autres pièces |
| Sohail Salem | Œuvres issues de Gaza City |
Le corpus présenté inclut des pièces réalisées à des dates diverses — le dossier indique explicitement des œuvres datées de 1948 jusqu’à plus récemment cette année — ce qui illustre la profondeur temporelle d’une scène artistique locale souvent difficile à documenter et à conserver.
Un geste de conservation et de visibilité
Les organisateurs présentent l’exposition comme une action de sauvegarde et de visibilité. Dans un contexte où nombre d’artistes et d’œuvres ont été dispersés par les déplacements forcés, l’opération à l’IMMA vise à préserver la mémoire artistique et à permettre la restauration et l’étude d’œuvres qui, autrement, auraient pu disparaître.
L’exposition s’inscrit dans une logique de coopération entre institutions et réseaux d’artistes, et se tient du 23 octobre au 9 février à Dublin. Elle pose des questions concrètes sur la conservation d’objets culturels en situation de conflit et sur les moyens pratiques — parfois clandestins — mis en œuvre pour assurer leur survie.
Le montage à l’IMMA sera également l’occasion d’observer comment des œuvres sorties de contextes de violence sont recontextualisées dans un cadre muséal international, et quelles voies de restitution, d’exposition et de réparation culturelle peuvent être envisagées à partir de collections dispersées.