Des médecins français ont publié le 13 octobre une tribune dans La Croix appelant le Conseil national de l'Ordre des médecins (CNOM) à réclamer la libération de soignants palestiniens détenus par Israël et à prendre position sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza. Les signataires — parmi lesquels figurent des personnalités médicales notables — estiment que le silence de l'instance ordinale est contraire aux principes déontologiques de solidarité professionnelle.
Les signataires et leurs revendications
La lettre ouverte, qui rassemble plusieurs dizaines de professionnels de santé, demande explicitement au CNOM d'intervenir publiquement pour demander la remise en liberté des médecins et autres personnels de santé emprisonnés. Les auteurs ne citent pas le mouvement islamiste Hamas dans la lettre, mais rappellent leur attachement à des principes de confraternité et de protection des soignants en conflit.
- Exigence principale : que le CNOM demande la libération des soignants palestiniens détenus.
- Argument déontologique : le silence est, selon eux, contraire aux obligations de solidarité médicale.
- Cas mis en avant : le docteur Hussam Abu Safiya, directeur de l'hôpital Kamal Adwan de Gaza.
Le cas d'Hussam Abu Safiya
La tribune mentionne en particulier Hussam Abu Safiya, pédiatre et directeur de l'hôpital Kamal Adwan, détenu par Israël depuis décembre 2024. Le texte rappelle que cet hôpital, situé à Beit Lahia dans le nord de la bande de Gaza, a été au cœur de la crise humanitaire lors des offensives israéliennes de 2024.
« Il dirigeait l’hôpital Kamal Adwan, dans le nord de Gaza, et le faisait fonctionner comme un centre terroriste du Hamas. ... Il s’est servi de ses fonctions au sein de l’hôpital pour détourner des ressources humanitaires destinées aux civils, et ce à des fins terroristes. » — déclaration attribuée aux autorités israéliennes
Cette accusation, rapportée dans la presse, a été formulée par les autorités israéliennes, qui présentent Abu Safiya comme un officier des services médicaux militaires du Hamas. Les signataires de la lettre et plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme demandent, pour leur part, sa libération et dénoncent des détentions sans procès et des allégations de torture contre des soignants.
Allégations et chiffres évoqués
Les auteurs de la tribune évoquent également des éléments plus larges : la mort en détention du médecin Adnan al-Bursh et le nombre de soignants tués à Gaza. La tribune avance que « plus de 1 500 soignants, dont au moins 150 médecins, ont été tués à Gaza » ; le texte précise que cette assertion ne peut pas être vérifiée de manière indépendante dans l'article qui rapporte la tribune.
| Élément | Statut |
|---|---|
| Hussam Abu Safiya | Détenu par Israël depuis décembre 2024; présenté par Israël comme officier médical du Hamas |
| Allégations de détention et torture | Reprises par les signataires; rapportées par ONG, non vérifiées par l'article |
Le débat illustré par cette tribune croise plusieurs enjeux : la protection des personnels de santé en zones de conflit, les accusations de militarisation des hôpitaux et la responsabilité des instances professionnelles françaises face à des détentions concernant des confrères à l'étranger. Les signataires appellent le CNOM à un engagement public, argumentant que la déontologie médicale impose une prise de position en faveur de la protection des soignants.
Le Conseil national de l'Ordre des médecins n'a pas publié de réponse publique dans les éléments repris par l'article rapportant la tribune au moment de la diffusion de cette information.