Une pénurie d’huile moteur critique pour le fonctionnement des hôpitaux
Un rapport conjoint de l’Association of International Development Agencies (AIDA) et du Palestinian Non-Governmental Network (PNGO), publié le 22 octobre 2026, met en lumière l’impact sévère des restrictions israéliennes sur l’importation d’huile moteur à destination de la bande de Gaza. Selon les auteurs, les stocks résiduels d’huile sont quasi épuisés, ce qui entraîne une hausse spectaculaire du prix à l’intérieur de Gaza : 900 dollars le litre, contre 10 dollars le litre seulement quelques centaines de mètres plus loin en Israël.
Le rapport souligne que la coupure d’électricité d’octobre 2023 a rendu les générateurs et les panneaux solaires indispensables pour l’alimentation des services essentiels. Les organisations humanitaires et les hôpitaux dépendent de ces générateurs pour alimenter les blocs opératoires, les unités de soins intensifs, les incubateurs, les ventilateurs, les centres de dialyse, les banques de sang, ainsi que les stations de traitement des eaux et de dessalement.
“Cette obstruction est une décision politique aux conséquences humaines profondes. Les Palestiniens à Gaza en paient le prix,” a déclaré Athena Rayburn, directrice exécutive d’AIDA, citée dans le rapport.
Le texte indique que la combinaison de la pénurie d’huile, d’un manque de carburant et de pièces de rechange a déjà conduit à l’arrêt progressif de générateurs. Les auteurs notent que le fonctionnement réduit ou l’arrêt définitif des générateurs exposerait à l’arrêt des services de soins les plus vitaux, même si du carburant ou des pièces devenaient disponibles ultérieurement, car les moteurs risquent une défaillance mécanique permanente lorsqu’ils tournent de longues heures sans lubrification adéquate.
Pressions opérationnelles et conséquences pour les acteurs humanitaires
AIDA rapporte une enquête menée en juillet auprès de 20 organisations non gouvernementales internationales qui montre que les ONG sont déjà contraintes de réduire leurs activités en raison de coûts insoutenables et de la raréfaction de l’offre d’huile. Le rapport appelle également à la réouverture des voies commerciales afin de stabiliser le marché et de rétablir un approvisionnement durable.
- Coût prohibitif : 900 $/litre à Gaza vs 10 $/litre en Israël.
- Risque technique : dommages irréversibles aux moteurs de générateurs tournant sans huile.
- Impact sur les services : arrêt potentiel des blocs opératoires, dialyses, soins néonatals, banques de sang.
Le rapport appelle les autorités israéliennes à autoriser immédiatement l’entrée de volumes d’huile à l’échelle nécessaire pour soutenir les opérations humanitaires, ainsi qu’au rétablissement des canaux commerciaux pour faire baisser les prix et alléger la pression budgétaire sur les acteurs humanitaires. AIDA qualifie la situation d’« extrêmement préoccupante » en raison du risque de rupture généralisée des services de santé.
Contexte et éléments factuels
Le document rappelle que l’électricité fournie par le réseau a été coupée en octobre 2023, accroissant la dépendance aux générateurs. Il précise que l’énergie solaire reste insuffisante pour couvrir l’ensemble des besoins critiques, notamment en période hivernale où la production chute. Les auteurs estiment que l’absence d’huile et de pièces de maintenance, cumulée aux restrictions sur le carburant, force les acteurs humanitaires à arbitrer entre différents services essentiels.
| Élément | Constat rapporté |
|---|---|
| Prix de l’huile moteur | 900 $/litre à Gaza vs 10 $/litre en Israël |
| Enquête AIDA | 20 ONG internationales interrogées en juillet 2026 |
| Date de l’effondrement du réseau | Octobre 2023 |
Le rapport conclut en demandant une action immédiate des autorités concernées pour permettre l’entrée d’huile moteur et de fournitures de maintenance « à l’échelle nécessaire » afin d’éviter l’effondrement des services vitaux. Il invite aussi à la réouverture des voies commerciales pour stabiliser les prix et garantir la pérennité des opérations humanitaires.