Positionnement d'Eisenkot sur la Cisjordanie à l'approche du scrutin
À quelques jours des élections législatives israéliennes, Gadi Eisenkot, ancien chef d'état-major et principal rival de Benjamin Netanyahou, a clarifié sa ligne sur la Cisjordanie en combinant un discours ferme contre les violences des colons et un appui à la poursuite de la colonisation sous conditions juridiques. Le portrait dressé par L'Opinion présente un candidat qui souhaite distinguer les « colons extrémistes » qu'il veut expulser des implantations qu'il juge « légales » et compatibles avec la sécurité d'Israël.
Selon le journal, Eisenkot promet notamment de lutter contre les attaques de colons visant des Palestiniens, lesquelles se sont multipliées ces derniers mois, tout en défendant un processus de colonisation encadré par la loi. Ce positionnement le place au centre d'un débat crucial : comment concilier maintien de la sécurité israélienne et respect des droits des Palestiniens dans les territoires palestiniens occupés ?
« S’il est élu, le chef de l’opposition veut chasser les terroristes juifs et évacuer les colonies jugées illégales. »
Le contexte est marqué par une récente escalade : après une attaque à Hébron qui a coûté la vie à deux soldats israéliens, le gouvernement a engagé une opération d'envergure en Cisjordanie et annoncé des mesures drastiques, y compris un bouclage des passages le jour du scrutin. Benjamin Netanyahou, présent sur les lieux après l'attaque, a évoqué une opération « de très grande ampleur », une formule reprise par les médias et qui pèse sur le débat électoral.
Implications pour la population palestinienne
- Protection contre les violences de colons : Eisenkot affiche la volonté d'endiguer les agressions de colons extrémistes, une demande récurrente des Palestiniens et d'observateurs internationaux.
- Maintien de la colonisation légale : son soutien aux colonies « conformes à la loi » risque toutefois de garantir la poursuite de l'expansion territoriale, avec des conséquences sur les perspectives territoriales et humanitaires en Cisjordanie occupée.
- Message politique : sa ligne vise à séduire un électorat modéré et sécuritaire, distinct de la droite radicale qui prône des mesures punitives plus larges contre les Palestiniens.
La déclinaison pratique de cette posture dépendra des définitions juridiques qu'une éventuelle coalition donnera aux notions de « colonies légales » et de « terroristes juifs », ainsi que des moyens déployés pour sanctionner les violences commises par des colons. Les organisations internationales et l'Union européenne observent ces positions de près, alors que Bruxelles a récemment critiqué l'impact des politiques coloniales sur la solution à deux États.
Sur le terrain, les Palestiniens continuent de subir perquisitions, démolitions et évacuations liées aux opérations israéliennes, notamment à Hébron, où des centaines de familles ont été affectées par les récentes mesures sécuritaires. La proposition d'Eisenkot soulève ainsi des interrogations immédiates : comment concilier un discours de protection avec la réalité d'une occupation qui continue de transformer l'espace et les conditions de vie des Palestiniens ?
La campagne électorale israélienne reste dominée par la sécurité, et les positions sur la Cisjordanie sont susceptibles d'influer directement sur la politique conduite envers les territoires palestiniens occupés si l'un ou l'autre candidat accède au pouvoir.