Accueil Santé & Bien-être Premières données sur le vaccin combiné Omicron BA.4/5 de Pfizer-BioNTech

Premières données sur le vaccin combiné Omicron BA.4/5 de Pfizer-BioNTech

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Dans une étude récente publiée sur le site Web de l bioRxiv* preprint server, des chercheurs allemands et américains ont analysé l’association entre l’exposition à la glycoprotéine de pointe Omicron BA.4/BA.5 du coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV-2) et la neutralisation du pan-Omicron.

Étude : L'exposition à la glycoprotéine BA.4/BA.5 Spike entraîne la neutralisation du pan-Omicron chez les humains et les souris ayant reçu un vaccin. Crédit image : Naeblys / Shutterstock Etude : L’exposition à la glycoprotéine du pic BA.4/BA.5 entraîne une neutralisation du pan-Omicron chez les humains et les souris ayant reçu un vaccin. Crédit image : Naeblys / Shutterstock

Contexte

Depuis son émergence initiale en novembre 2021, le variant Omicron du SRAS-CoV-2 et ses sous-lignées ont considérablement influencé le paysage épidémiologique de la pandémie de coronavirus 2019 (COVID-19). Le premier variant Omicron, BA.1, était capable d’échapper partiellement à l’immunité précédemment établie de la souche de type sauvage du SRAS-CoV-2 (Wuhan-Hu-1) en raison de changements importants dans la glycoprotéine de pointe (S) qui ont entraîné la perte de nombreux épitopes d’anticorps neutralisants.

Des études ont précédemment indiqué que les infections percées par Omicron BA.1 et BA.2 chez des personnes ayant précédemment reçu une immunisation par des vaccins à base d’acide ribonucléique messager (ARNm) de souche de type sauvage ou par un vaccin viral inactivé étaient liées à une activité neutralisante robuste contre Omicron BA.1, BA.2 et les variantes préoccupantes précédentes (VOC).

A propos de l’étude

Dans cette étude, les chercheurs ont caractérisé l’effet de l’exposition à la glycoprotéine S Omicron BA.4/BA.5 sur l’ampleur et la portée de la réponse en anticorps neutralisants lors d’une infection percée chez les individus vaccinés et chez les souris lors d’une vaccination de rappel.

Plan de l'étude. (a) L'effet d'une infection percée par Omicron BA.4/BA.5 sur l'activité neutralisante sérique a été évalué chez des individus vaccinés avec trois doses de vaccin COVID-19 à ARNm (schémas homologues ou hétérologues BNT162b2/mRNA-1273) qui ont ensuite subi une infection par Omicron BA.4 ou BA.5. Les intervalles entre la vaccination, la percée de l'infection et l'échantillonnage sont indiqués comme médiane/plage. (b) Les effets des vaccins de rappel prototypiques adaptés à Omicron BA.4/BA.5 sur l'activité neutralisante sérique ont été étudiés chez des souris vaccinées deux fois à 21 jours d'intervalle avec BNT162b2, suivies d'une dose de rappel de vaccins adaptés à BA.4/BA.5 3,5 mois plus tard. L'activité neutralisante a été évaluée avant (pré-D3) et 7, 21 et 35 jours après le rappel (d7D3, d21D3, d35D3, respectivement). (c) Les effets des vaccins prototypiques Omicron adaptés aux BA.4/BA.5 sur l'activité neutralisante sérique ont été étudiés chez des souris naïves vaccinées deux fois à 21 jours d'intervalle avec des vaccins adaptés aux BA.4/BA.5. L'activité neutralisante a été évaluée 14 jours après l'administration de la seconde dose (d14D2). La pureté et l'intégrité de l'ARN, ainsi que l'expression des antigènes in vitro, ont été confirmées pour les vaccins adaptés BNT162b2 et Omicron.Plan de l’étude. (a) L’effet d’une infection percée par Omicron BA.4/BA.5 sur l’activité neutralisante sérique a été évalué chez des personnes vaccinées avec trois doses de vaccin COVID-19 à ARNm (schémas homologues ou hétérologues BNT162b2/mRNA-1273) qui ont ensuite subi une infection par Omicron BA.4 ou BA.5. Les intervalles entre la vaccination, la percée de l’infection et l’échantillonnage sont indiqués sous forme de médiane/plage. (b) Les effets des vaccins de rappel prototypiques Omicron BA.4/BA.5-adaptés sur l’activité neutralisante sérique ont été étudiés chez des souris vaccinées deux fois à 21 jours d’intervalle avec BNT162b2, suivies d’une dose de rappel de vaccins BA.4/BA.5-adaptés 3,5 mois plus tard. L’activité neutralisante a été évaluée avant (pré-D3) et 7, 21 et 35 jours après le rappel (d7D3, d21D3, d35D3, respectivement). (c) Les effets des vaccins prototypiques Omicron BA.4/BA.5-adaptés sur l’activité neutralisante sérique ont été étudiés chez des souris naïves vaccinées deux fois à 21 jours d’intervalle avec des vaccins BA.4/BA.5-adaptés. L’activité neutralisante a été évaluée 14 jours après l’administration de la seconde dose (d14D2). La pureté et l’intégrité de l’ARN, ainsi que l’expression des antigènes in vitro, ont été confirmées pour les vaccins adaptés BNT162b2 et Omicron.

L’équipe a déterminé comment l’infection percée par Omicron BA.4/BA.5 affectait l’activité sérique neutralisante contre les variantes du SRAS-CoV-2 chez les personnes qui avaient reçu trois doses du vaccin à ARNm COVID-19. Trois cohortes ont été utilisées comme référence : des personnes ayant reçu le triple vaccin ARNm et présentant une infection pernicieuse Omicron BA.2 (mRNA-Vax3 + BA.2) ou une infection pernicieuse Omicron BA.1 (mRNA-Vax3 + BA.1), et des personnes ayant reçu le triple vaccin BNT162b2 qui étaient naïves vis-à-vis du SRAS-CoV-2 au moment du prélèvement. Les sérums ont été prélevés dans les collections de bioprélèvements des essais de vaccins BNT162b2 et dans le cadre d’une enquête non interventionniste portant sur des personnes vaccinées ayant eu une infection percée par Omicron.

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En mesurant la neutralisation de 50 % du pseudovirus (pVN50) en utilisant des pseudovirus portant les glycoprotéines de pointe de la souche de type sauvage SARS-CoV-2 ou des souches Omicron BA.1, BA.2 et des sous-lignées dérivées de BA.2 telles que BA.2.12.1 et BA.4/BA.5, l’activité neutralisante du sérum a été examinée. L’équipe a également testé le SARS-CoV-1 pour détecter une éventuelle activité neutralisante du pan-sarbecovirus. Le test de neutralisation du SARS-CoV-2 vivant (VNT) a été employé comme méthode de test orthogonale qui a examiné la neutralisation pendant la réplication multicyclique du virus authentique avec du sérum immunisé présent pendant toute la durée du test.

Le VOC pVN50 Les TGM contre la souche de type sauvage ont été normalisés pour permettre l’évaluation de l’ampleur de la neutralisation indépendamment de la magnitude du titre d’anticorps. Les chercheurs ont ainsi pu comparer mRNA-Vax3 + BA.4/BA.5 aux cohortes de référence présentant une infection percée par Omicron BA.1 ou BA.2.

Résultats

Les résultats de l’étude ont montré que les sérums ont entièrement neutralisé la souche de type sauvage du SRAS-CoV-2 et tous les COV Omicron évalués de la cohorte d’infection percée Omicron BA.4/BA.5 (mRNA-Vax3 + BA.4/BA.5) dans le pVNT. Les GMT pour le pVN50 par rapport à la souche de type sauvage et aux pseudovirus Omicron BA.2 et BA.2.12.1 se situaient dans une fourchette de deux fois. La réduction par rapport à la souche de type sauvage était considérable mais se situait également dans une fourchette de deux fois, et la neutralisation de BA.1 et BA.4/5 était essentiellement identique à celle de BA.2. De plus, la neutralisation du SARS-CoV-1 était nettement inférieure.

L’immunisation avec un vaccin à ARNm BNT162b2 complété par une glycoprotéine S Omicron BA.4/BA.5 entraîne une neutralisation pan-Omicron chez des souris non vaccinées auparavant. Des souris BALB/c naïves (n=5) ont reçu par injection intramusculaire deux doses de BNT162b2 (1 µg) ou des vaccins monovalents (1 µg) ou bivalents (0,5 µg de chaque composant) Omicron BA.1 ou BA.4/5 adaptés, à 21 jours d’intervalle. Une neutralisation de 50 % du pseudovirus (pVN50) contre les variants préoccupants (VOC) du SRAS-CoV-2 dans les sérums prélevés 14 jours après la deuxième vaccination (d14D2). Les valeurs au-dessus des barres représentent les TGM des groupes. Les barres d’erreur représentent un intervalle de confiance de 95 %. Le sérum a été testé en double. Pour les valeurs de titre inférieures à la limite de détection (LOD), les valeurs LOD/2 ont été tracées.

Bien que la percée de l’infection par Omicron BA.1 ait été associée à la neutralisation de la souche homologue, les sérums BNT162b2 ont encore fortement neutralisé Omicron BA.1 et BA.2. Avec BA.2, la neutralisation après une infection percée par BA.2 a montré une tendance similaire sans signification statistique. Il est important de noter que par rapport à BNT162b23 et mRNA-Vax3 + BA.1, la neutralisation croisée de BA.4/5 était beaucoup plus forte dans la cohorte mRNAVax3 + BA.4/5. La différence entre la cohorte mRNA-Vax3 + BA.2 et la neutralisation croisée de BA.4/5 était moins prononcée.

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La cohorte mRNA-Vax3 + BA.4/BA.5 a maintenu la neutralisation croisée d’Omicron BA.1 et BA.2 à des niveaux considérablement plus élevés. En conclusion, de toutes les cohortes examinées, l’infection percée BA.4/BA.5 a produit la neutralisation croisée la plus efficace pour tous les COV évalués.

Les sérums de percée Omicron BA.4/BA.5 contre BA.2 avaient une VN50 GMT qui était comparable à celle contre la souche de type sauvage. Des réductions significatives de la neutralisation des BA.4 et BA.1 se sont produites. Cependant, elles sont restées dans une fourchette de 2 à 2,5 fois. La neutralisation croisée d’Omicron BA.1, BA.2 et BA.4 par les sérums mRNA-Vax3 155 + BA.4/BA.5 a été démontrée dans les GMT ajustés contre la souche de type sauvage, bien que la neutralisation croisée de BA.4 ait été beaucoup moins efficace dans les sérums mRNA-Vax3 + BA.1 et mRNA-Vax3 + BA.2. Dans l’ensemble, les résultats ont démontré que l’infection percée par Omicron BA.4/BA.5 était liée à une large activité neutralisante contre tous les COV d’Omicron évalués à la fois dans la méthode de dosage pVNT et VNT.

Dans l’ensemble, l’étude a indiqué que la neutralisation pan-omicron, ou la neutralisation robuste de tous les COV Omicron actuellement ou anciennement dominants du SRAS-CoV-2, est liée à l’infection percée par le test de neutralisation BA.4/BA.5 des personnes vaccinées par triple ARNm.

*Avis important

bioRxiv publie des rapports scientifiques préliminaires qui ne sont pas évalués par des pairs et qui, par conséquent, ne doivent pas être considérés comme concluants, guider la pratique clinique/le comportement en matière de santé ou être traités comme des informations établies.

Référence du journal :

  • L’exposition à la glycoprotéine BA.4/BA.5 Spike glycoprotein drive pan-Omicron neutralization in vaccine-experienced humans and mice, Alexander Muik, Bonny Gaby Lui, Maren Bacher, Ann-Kathrin Wallisch, Aras Toker, Carla Iris Cadima Couto, Alptekin Gueler, Veena Mampilli, Geneva J Schmitt, Jonathan Mottl, Thomas Ziegenhals, Stephanie Fesser, Jonas Reinholz, Florian Wernig, Karla-Gerlinde Schraut, Hossam Hefesha, Hui Cai, Qi Yang, Kerstin C Walzer, Jessica Grosser, Stefan Strauss, Andrew Finlayson, Kimberly Krueger, Orkun Ozhelvaci, Katharina Grikscheit, Niko Kohmer, Sandra Ciesek, Kena A Swanson, Annette B Vogel, Oezlem Tuereci, Ugur Sahin, bioRxiv 2022.09.21.508818, DOI: https://doi.org/10.1101/2022.09.21.508818, https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2022.09.21.508818v1