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Le Parlement libanais ne parvient pas à élire un nouveau chef d’État en raison de profondes divisions

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De profondes divisions entre les législateurs ont fait craindre que le Liban se retrouve sans président après l’expiration du mandat de Michel Aoun à la fin du mois d’octobre.

La session de jeudi a été suivie par 122 des 128 membres du Parlement, dont 66 ont voté blanc.
(Reuters)

Le Parlement libanais n’a pas réussi à élire un nouveau président à l’issue du premier tour de scrutin, dans un contexte de profondes divisions quant au remplacement de Michel Aoun, dont le mandat expire le mois prochain.

Une majorité de législateurs ont voté blanc jeudi, ce qui laisse penser que le processus électoral risque de s’éterniser, un résultat que le Liban ne peut se permettre alors qu’il est aux prises avec une crise financière dévastatrice.

Le président du Parlement, Nabih Berri, a déclaré qu’il convoquerait une nouvelle session du Parlement « lorsqu’un accord sera trouvé sur le prochain président » – un processus qui pourrait prendre des mois dans un pays où les délais constitutionnels sont régulièrement dépassés.

La session de jeudi a réuni 122 des 128 membres du Parlement, dont 66 ont voté blanc.

Le politicien chrétien Michel Moawad, fils de l’ancien président René Moawad, est arrivé en tête, mais ses 36 voix sont loin des 86 nécessaires pour gagner au premier tour.

Selon le système de partage du pouvoir confessionnel en vigueur au Liban, la présidence est réservée à un chrétien maronite.

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Pas de consensus

En raison du retrait de certains députés, il n’y a pas eu de second tour de scrutin.

Les profondes divisions entre les législateurs ont fait craindre que le Liban puisse se retrouver sans président après l’expiration du mandat d’Aoun à la fin du mois d’octobre.

La propre élection du président sortant en 2016 est intervenue après une vacance de 29 mois au palais présidentiel, les législateurs ayant tenté en vain, à 45 reprises, de parvenir à un consensus sur un candidat.

Un communiqué du bureau d’Aoun a déclaré que le président était « satisfait du lancement du processus électoral » et a exprimé l’espoir que le parlement continuerait à se réunir pour élire un président dans le délai constitutionnel.

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Un risque évident

Les partis politiques qui doivent maintenant se mettre d’accord sur le prochain chef d’État doivent encore désigner un nouveau gouvernement pour remplacer le gouvernement sortant, dont le mandat a expiré en mai.

« S’il y a un vide politique, la crise économique s’intensifierait et il y a un risque évident d’incidents sécuritaires », a déclaré l’analyste Karim Bitar.

La livre libanaise a perdu plus de 95 % de sa valeur sur le marché noir depuis 2019, dans un effondrement financier qualifié par la Banque mondiale comme l’un des pires des temps modernes.

La crise a fait que les taux de pauvreté atteignent plus de 80 % de la population, les prix des denrées alimentaires ayant augmenté de 2 000 %, selon les Nations unies.

La communauté internationale a fait pression sur les législateurs libanais pour qu’ils élisent un nouveau président « en temps voulu » afin d’éviter de plonger le pays dans une crise plus profonde.

Le Liban est sous la pression du Fonds monétaire international pour rationaliser la mise en œuvre des réformes nécessaires pour débloquer des milliards de prêts avant l’expiration du mandat d’Aoun.

Dans le cadre de cet effort, les législateurs ont approuvé lundi un budget en retard pour 2022.

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Source : fr.palestinaliberation.com et agences