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La « mobilisation partielle » de Poutine peut-elle atteindre les objectifs russes en Ukraine ?

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Selon les experts, plusieurs autres pays ont Ă©galement mobilisĂ© des rĂ©serves lors d’engagements passĂ©s, lorsque les guerres duraient plus longtemps que prĂ©vu.

Le prĂ©sident russe Vladimir Poutine a ordonnĂ© Ă  300 000 rĂ©servistes de se rendre en pour mener une guerre controversĂ©e contre un ennemi qui a de nombreux points communs avec la Russie – de la religion Ă  l’histoire.

Cette dĂ©cision marque un ajustement tactique radical dans l’offensive de Poutine en Ukraine, dans le but de mobiliser non seulement les rĂ©servistes mais aussi l’ensemble de la nation dans la lutte de Moscou contre Kiev. Mais les manifestations contre la conscription Ă  travers la Russie et les longues files d’attente de voitures aux frontières russes, dans lesquelles se trouveraient des rĂ©servistes dĂ©fiant l’appel de Poutine, indiquent que son plan est semĂ© d’embĂ»ches.

Les experts ne s’accordent pas sur la question de savoir si la mobilisation de Poutine portera ses fruits Ă  long terme, de nombreux citoyens russes ayant exprimĂ© leur mĂ©contentement Ă  l’Ă©gard du dĂ©cret de Poutine.

« Si les 300 000 rĂ©servistes sont tous dĂ©ployĂ©s sur les fronts ukrainiens, cela donne Ă  Poutine de meilleurs choix. Par exemple, Poutine peut soit construire de fortes dĂ©fenses [in eastern and southern Ukraine] soit repasser Ă  l’offensive (ou les deux) », explique Edward Erickson, ancien officier militaire amĂ©ricain et professeur retraitĂ© d’histoire militaire au dĂ©partement des Ă©tudes sur la guerre de l’universitĂ© du corps des Marines.

« La mobilisation des rĂ©serves permet de remplacer les pertes, mais, ce qui est tout aussi important, elle offre aux dirigeants et aux planificateurs des choix et des options stratĂ©giques et opĂ©rationnels qu’ils n’auraient pas autrement. Il est prĂ©fĂ©rable de disposer d’une capacitĂ© excĂ©dentaire et de ne pas en avoir besoin – plutĂ´t que de se passer d’une capacitĂ© excĂ©dentaire et d’en avoir ensuite besoin », explique Erickson. TRT World.

Erickson estime que ces rĂ©serves seront utilisĂ©es pour « une nouvelle offensive de printemps en 2023 et ajouteront de la profondeur aux lignes dĂ©fensives dans l’intervalle ». Il rappelle Ă©galement que d’autres nations, dont les États-Unis, ont Ă©galement mobilisĂ© des rĂ©serves lors d’engagements passĂ©s, lorsque « les guerres durent plus longtemps que prĂ©vu » – de la CorĂ©e au Vietnam, en passant par l’Irak et l’Afghanistan.

Les rĂ©servistes peuvent-ils changer l’Ă©quation ?

Si l’analyste militaire amĂ©ricain estime que les efforts de Poutine ont une chance de rĂ©ussir, en envoyant un signal fort au prĂ©sident ukrainien Zelenskyy et Ă  ses alliĂ©s que Moscou « double » son investissement stratĂ©gique, Erickson se demande Ă©galement pourquoi il est arrivĂ© si tard. « Je suis surpris que Poutine ait attendu si longtemps pour le faire », dit-il.

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Sous la pression croissante de l’Occident au sujet de son offensive en Ukraine, la Russie a besoin de plus de forces pour maintenir sa prĂ©sence militaire dans des rĂ©gions ethniquement diverses, de la Baltique au Caucase et Ă  l’ExtrĂŞme-Orient, estime Erickson.

Mais l’appel de Poutine se heurte Ă  de nombreux obstacles, des questions de formation Ă  l’armement, les experts avertissant que les rĂ©servistes ne peuvent pas faire le travail que l’armĂ©e professionnelle n’a pas Ă©tĂ© en mesure de faire en Ukraine jusqu’Ă  prĂ©sent.

La police anti-Ă©meute russe arrĂŞte un manifestant lors d’une manifestation contre la mobilisation, Ă  Moscou, le 21 septembre 2022.
(Alexander Zemlianichenko / AP)

Plusieurs experts TRT World ont convenu que la décision de Poutine était dangereuse.

« Les réservistes inexpérimentés ne vont pas aider », dit Ioannis Koskinas, un analyste militaire américain.

Mehmet Emin Koc, colonel des forces spĂ©ciales turques Ă  la retraite et analyste de la sĂ©curitĂ©, partage cet avis. « Il n’est pas possible de crĂ©er de nouvelles unitĂ©s Ă  haut niveau de prĂ©paration au combat en peu de temps en recrutant autant de personnel et en leur fournissant la formation nĂ©cessaire, puis en les Ă©quipant avec les armes et les Ă©quipements nĂ©cessaires », dit Koc.

Ulas Pehlivan, un analyste militaire et un autre ancien officier de l’armĂ©e turque, voit Ă©galement la situation de la mĂŞme manière que Koc. « Il faudra du temps pour que le personnel de rĂ©serve se rafraĂ®chisse et s’adapte Ă  la rĂ©gion », dit Pehlivan. TRT World.

« L’inclusion obligatoire du personnel de rĂ©serve (ayant une formation/expĂ©rience militaire) dans la guerre, qui a participĂ© volontairement depuis le dĂ©but de la crise, n’aura pas d’impact significatif sur l’issue de la guerre », ajoute Pehlivan.

Mais mĂŞme si les rĂ©servistes reçoivent une formation et un Ă©quipement appropriĂ©s, ils pourraient souffrir d’autres problèmes auxquels la Russie est confrontĂ©e et la mobilisation partielle de Poutine ne pourrait pas rĂ©soudre ces problèmes, selon les experts.

« Les problèmes sérieux de commandement-contrôle et de logistique des Russes ne sont pas des questions qui peuvent être résolues avec un ordre de mobilisation partielle », ajoute Koc.

Mais Erickson estime que le temps pourrait jouer en faveur des Russes, selon que l’Europe connaĂ®tra un hiver rigoureux ou doux. « Si l’hiver 2022-23 est exceptionnellement froid, la volontĂ© de l’UE de boycotter le gaz naturel russe est mise en doute. Donc, Ă  court terme, Poutine doit s’accrocher au territoire qu’il possède actuellement et, Ă  plus long terme, tenir jusqu’au printemps », dit-il.

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« À ce stade, je pense que la victoire pour Poutine signifie qu’il doit conserver ce qu’il a actuellement, organiser des rĂ©fĂ©rendums et annexer les territoires conquis…. suivi d’une sorte de cessez-le-feu », dit-il.

Mais M. Koskinas pense que les référendums visant à confirmer le contrôle russe pourraient provoquer une escalade.

Des hommes portent un présentoir aux couleurs du drapeau russe lors d'un référendum à Luhansk, République populaire de Luhansk contrôlée par les séparatistes soutenus par la Russie, dans l'est de l'Ukraine, le 27 septembre 2022.

Des hommes portent un prĂ©sentoir aux couleurs du drapeau russe lors d’un rĂ©fĂ©rendum Ă  Luhansk, RĂ©publique populaire de Luhansk contrĂ´lĂ©e par les sĂ©paratistes soutenus par la Russie, dans l’est de l’Ukraine, le 27 septembre 2022.
(AP)

La Russie perd-elle son avantage psychologique ?

Au-delĂ  des problèmes militaires russes, Moscou semble Ă©galement souffrir d’un manque de moral national pour mener la guerre en Ukraine. Tout pays en guerre peut remplacer les pertes de personnel par des troupes fraĂ®ches, mais le manque de moral est quelque chose d’irremplaçable, dit Koc.

« Il ne faut pas oublier que les forces armĂ©es russes ont donnĂ© l’espoir Ă  leur propre peuple qu’elles domineraient l’ensemble de l’Ukraine en quelques jours. Le point auquel nous sommes arrivĂ©s aujourd’hui est que la Russie n’a pu atteindre aucun de ses objectifs stratĂ©giques ; elle a Ă©galement subi de graves pertes dans l’est et le sud de l’Ukraine et a dĂ» se retirer de certaines rĂ©gions », dĂ©clare Koc.

Cette obligation de mobilisation partielle est l’un des indicateurs importants que la volontĂ© et la dĂ©termination du peuple russe Ă  se battre ne sont pas Ă  un niveau suffisant, selon Pehlivan. « Ce facteur est considĂ©rĂ© comme le plus influent dans la dĂ©termination des rĂ©sultats des guerres », dit-il.

« N’oublions pas que les guerres se dĂ©roulent entre nations, et non entre armĂ©es. En plus de l’Ă©norme soutien militaire et Ă©conomique fourni par l’Occident, la situation de l’armĂ©e russe mal entraĂ®nĂ©e et dĂ©moralisĂ©e sera très difficile face Ă  l’armĂ©e ukrainienne très motivĂ©e et dĂ©terminĂ©e », affirme Koc.

Erickson rĂ©sume le dilemme russe en affirmant que Poutine pourrait ĂŞtre pris au piège dans un trou qu’il a lui-mĂŞme crĂ©Ă©.

« Poutine n’a jamais eu l’intention d’entamer une longue guerre conventionnelle. Il voulait une ‘opĂ©ration spĂ©ciale’ pour renverser et remplacer le gouvernement de Zelenskyy. La situation actuelle de Poutine est le rĂ©sultat de la loi des consĂ©quences involontaires. Il est coincĂ© dans une longue guerre avec les soldats de l’armĂ©e russe, qui n’ont jamais eu la motivation de combattre leurs voisins ukrainiens », dit-il.

Source : TRT World

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Soy un viajero de 29 años y vendedor en una tienda de prêt-à-porter. Me incorporé al equipo de redacción de AltaVision.news en octubre de 2021.