juillet 23, 2021

« À bord, le plus dur à vivre, c’est l’incertitude » : la galère des marins au temps du Covid-19

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Restrictions de circulation, quarantaines, changements de règles constants : avec la pandémie de Covid-19, les conditions de travail des marins se sont fortement dégradées. Alors que certains professionnels du secteur alertent sur une détresse psychologique grandissante, ils sont de plus en plus nombreux à raccrocher le ciré. De leur côté, syndicats et organisations internationales appellent à les vacciner en priorité en les plaçant sur la liste des « travailleurs nécessaires ».

Il partait pour un voyage de deux mois. Son périple aura finalement duré quatre mois et demi. En janvier 2020, Benoît, alors officier de pont de la marine marchande française, embarque pour une mission au long cours à bord d’un porte-conteneurs. Quelques semaines plus tard, la pandémie de Covid-19 entraîne la fermeture progressive de toutes les frontières du monde. Benoît se retrouve coincé en mer. Si la pandémie a mis une grande partie de la planète à l’arrêt au gré de confinements successifs, le commerce maritime, qui représente environ 80 % du commerce international, lui, ne s’est jamais arrêté.

Depuis plus d’un an, même si la situation s’est arrangée pour les 18 000 marins que compte la marine marchande française, ces derniers doivent toujours composer avec des restrictions de circulation qui changent constamment, des quarantaines parfois très strictes et des conditions de vie à bord des navires dégradées par la mise en place des gestes barrières. Face à cela, les organisations internationales, armateurs et syndicats réclament la reconnaissance des marins comme « travailleurs essentiels ». Le 6 avril, les différentes organisations syndicales du secteur ont ainsi adressé un courrier au gouvernement pour appuyer leur demande et appeler à les vacciner en priorité. « Après des mois à travailler dans des conditions extrêmement difficiles, ce serait une façon de reconnaître, enfin, la valeur de leur travail », juge Jean-Philippe Chateil, secrétaire général de la CGT des officiers de la marine marchande, interrogé par France 24. « Sans compter que les marins, par la nature même de leur travail, sont très vulnérables. Imaginez un cas de Covid-19 à bord d’un navire… Gestes barrières ou non, la maladie se répandrait comme une traînée de poudre. »

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