juillet 23, 2021

« Intrusifs » ou « tranquilles à la maison » : comment vit-on un entretien d’embauche en visioconférence à l’ère du Covid ?

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Depuis un an, les recrutements se déroulent souvent à distance en raison du Covid-19. Contraintes techniques, rapport à l’image, fiabilité… La vidéo bouscule les habitudes des candidats et des managers. « Je suis une personne qui aime le contact », insiste Myriam, 43 ans, avant de nous raconter son expérience malheureuse d’entretien d’embauche en visioconférence en juin dernier. Un exercice qui s’est généralisé en un an en raison de l’épidémie de Covid-19. « Je me suis retrouvée face à mon ordinateur à répondre à des questions sur l’écran. Il n’y avait personne en face de moi », se souvient cette ancienne maîtresse d’hôtel reconvertie en commerciale. En face d’elle, un simple questionnaire automatique auquel elle a dû répondre en étant filmée.

Myriam, qui avait acheté son tout premier ordinateur pendant le premier confinement, a été totalement déstabilisée : « C’était moi dans toute ma splendeur, j’ai dit ‘Ils sont fous’. J’ai ri à une question parce que je m’étais plantée. Je ne sais même plus sur quelle question j’ai buggé, j’ai tout zappé en fait. » Quelques mois après sa déconvenue sur Zoom, Myriam a finalement décroché un emploi grâce à un recrutement en présentiel cette fois. Qu’il s’agisse de Skype, Zoom ou encore Teams, l’utilisation d’un logiciel de visioconférence est « une source de stress supplémentaire » pour les demandeurs d’emploi, constate Michelle Gay, consultante en évolution professionnelle dans le Lot-et-Garonne. Il y a la peur de ne pas entendre les questions ou de ne pas maîtriser les différentes fonctions vidéo, audio… D’autant que certains recruteurs profitent de cet exercice filmé pour tester les compétences informatiques du candidat.

Que dire alors des postulants qui vivent en zone blanche ? Dans le Lot-et-Garonne ou la Dordogne, le cas n’est pas rare, explique Michelle Gay. « J’ai fait un bilan de compétences avec un monsieur qui vit dans le secteur de Périgueux. Il a dû aller chez des amis parce que la conversation était totalement hachée ». Autre contrainte : le lieu du tournage. Avec le retour de l’école à la maison les options sont parfois très limitées. « L’ado qui vient se servir dans le frigo en arrière plan ou le chat qui vient vous faire un câlin, ça ne fait pas très sérieux en entretien », doit parfois rappeler la coach. Au jeu de la mise en scène, les candidats ne jouent pas à armes égales. Morgane, 35 ans, responsable RH en région parisienne, voit bien le malaise de certains jeunes diplômés filmés dans leur petit logement : « Je sens que c’est gênant pour eux. Ils sont entourés de toutes leurs affaires, de leur bazar. Il y a parfois des posters d’ados qui traînent encore au mur. » Tout en assurant que ce décor n’a pas d’influence sur son choix, elle estime que l’entretien virtuel est « intrusif » pour celui ou celle qui postule.

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