Résistance en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération

fr.Palestina Libération│CIREPAL / PALESTINE.- La « grande marche du retour » dans la bande de Gaza, vers les lignes de séparation avec l’entité sioniste, est l’événement marquant stratégique, qui s’est déroulé le 30 mars, à l’occasion de la « Journée de la terre ». 

Cet événement est stratégique, à plus d’un titre : c’est l’affirmation, face aux sionistes et aux Etats-Unis, mais aussi à la communauté internationale, que le droit au retour des réfugiés palestiniens ne peut être supprimé, ni par un trait de plume, ni par des pourparlers. Ce droit est inaliénable et ne saurait être soumis à des tractations politiques.

Fixée jusqu’au 15 mai, date de la commémoration de la Nakba, la « marche du retour » est lancée pour se poursuivre, sous diverses formes, même au-delà de cette date. Elle est stratégique car, contrairement à ce que souhaitent certains, l’événement a réussi joindre la lutte populaire à la lutte armée dans un projet de résistance à l’occupant, où tout le potentiel et les possibilités sont mises au service de la lutte ; elle a également réussi à mettre de côté, sinon à les résoudre, les conflits inter-organisationnels qui secouaient les formations politiques palestiniennes, puisque ce sont toutes les organisations de la résistance qui ont appelé à la « marche du retour », aux côtés des unions populaires et des associations civiles. Cet événement a une portée stratégique puisqu’il est dirigé contre le plan américano-sioniste de liquidation de la cause palestinienne, soutenu par des capitales arabes, qui s’est manifesté dans la judaïsation de la ville d’al-Quds et la négation du droit au retour des réfugiés, en vue de mettre en place le « deal du siècle » de Trump, qui est déjà enterré avant d’avoir vu le jour, puisque les principaux intéressés affirment haut et fort leur refus d’abandonner al-Quds et le droit au retour et affirment la poursuite de la lutte.  Il est également stratégique car il a mis l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, qui a refusé de se joindre au mouvement, dans une impasse politique, étant pris entre deux feux : les américano-sionistes et leurs alliés arabes d’une part, et le peuple palestinien de l’autre.
La « marche du retour » ne saurait cependant masquer la situation dans al-Quds, victime d’une colonisation-judaïsation de plus en plus poussée, ni en Cisjordanie occupée, où la colonisation armée rampe du nord au sud, de l’est à l’ouest, menaçant la présence palestinienne dans son ensemble. D’un côté, une occupation coloniale et colonisatrice, de l’autre, une Autorité palestinienne concontée au service de cette occupation qui gesticule pour se faire une place en faisant appel à une communauté internationale sourde. Au même moment, les Palestiniens vivant dans leur patrie occupée en 48 essaient de relever le niveau de leur lutte et de s’unifier pour empêcher la destruction des villages non-reconnus dans le Naqab, au profit de la colonisation sioniste et la destruction de leurs maisons dans leurs villes et bourgs. Ils doivent affronter d’une part, la menace et la haine de l’établissement sioniste et de ses bras médiatiques, sociaux et politiques, et d’autre part, les sionistes « solidaires » qui poussent à leur intégration dans la société coloniale.

Martyrs tombés le 18 mars  et avril 2018

Le martyr Abdel Rahman Bani Fadl, 28 ans, du village Akraba (Nablus), tué par l’occupant après qu’il ait poignardé un gardien de colonie, dans al-Quds, le 18 mars. Il était marié et père de trois enfants, dont un nourrisson.
Le prisonnier libéré Hassan Shawamrah (48 ans), décédé des suites de sa maladie, lors de sa détention. Originaire de la ville d’al-Khalil, il avait été libéré en juillet 2017, parce que les sionistes ne pouvaient plus le soigner. (10 mars)
Le paysan Omar Samour, 31 ans, abattu par les sioniste au nord est de Khan Younes, par un obus, alors qu’il cultivait sa terre, à la veille des préparatifs de le grande marche du retour le 30 mars.
Les martyrs du 30 mars, lors de la marche du retour : Shadi Kashef (33 ans), Sari Abu Awda, Hamdan Abu Amsha, Bader Sabbagh (22 ans), Ibrahim Abu Sha’r (20 ans), Abdel Fattah Abdelnabi (18 ans), AbdelQader Hawajri (42 ans), Jihad Abu Jamous, Naji Abu Hjair (28 ans), Mohammad Najjar (25 ans), Amin Abu Umar, Mohammad Abu Umar (22 ans), Ahmad Awda (16 ans), Jihad Fraineh (33 ans), Mahmoud Rahmi, Mus’ab Sallul (23 ans), Mohammad Rabay’a (23 ans), Faris Raqab (29 ans), Ahmad Arfa (25 ans).
Marwan Khudari, tué par un obus lancé sur Rafah, à l’aube de la « journée du caoutchouc » du vendredi 6, au cours de la marche du retour.
Martyrs tombés à Gaza, le 6 avril, au cours de la marche du retour : Le journaliste Yassir Murtaja, 30 ans, Hamza Abdel Al 23 ans, Majdi Shabat, 38 ans, Hussayn Madi, 16 ans, Ussama Qdayh, 38 ans, Ibrahim ‘Ur 20 ans, Sidqi Abu U’tiwi, 45 ans, Mohammad Moussa al-Haj Saleh, 33 ans, Yihia Zamili, 17 ans.
Le martyr Mohammad Anbar, 46 ans, du camp de Tulkarm, en Cisjordanie occupée, décédé des suites de ses blessures, suite à une balle tirée par l’occupant (8/4).

Chronique de l’Intifada

Les opérations de la résistance se sont poursuivies en Cisjordanie (y compris al-Quds) occupée, avec le coup de poignard planté par le résistant martyr le 18 mars dans la ville d’al-Quds dans le corps d’un gardien de colonie, décédé. Pour les organisations de la résistance, cette opération individuelle n’est qu’une riposte logique aux crimes de l’occupation et affirme que « notre peuple est déterminé à poursuivre la résistance » (mouvement al-Mujahidin, communiqué).

Au cours de la troisième semaine de mars, 80 points d’affrontements entre Palestiniens et forces d’occupation ont eu lieu, au cours desquels 44 Palestiniens ont été blessés. Les Palestiniens ont lancé des bouteilles incendiaires sur la colonie « Jab’ut », des cibles sionistes dans Selwan et autour de la coloine « Tsur ». 

Au cours de la quatrième semaine de mars, 3 opérations de la résistance ont blessé un soldat sioniste à la tête dans al-Khalil, et un autre dans le village de Takou’. 9 bouteilles incendiaires ont été lancées contre les soldats dans al-Quds et autres lieux de la Cisjordanie occupée.

La commémoration célébration de la Journée de la terre, le 30 mars, a été l’occasion pour affronter l’occupant, partout en Palestine. Dans les territoires occupés en 67, en Cisjordanie et al-Quds, des dizaines de points d’affrontements ont eu lieu. 

Au cours de la marche du retour dans la bande de Gaza, les participants ont érigé des tentes (les tentes du retour) ayant pour nom les villes et les villages dont les réfugiés sont originaires : Beer Saba’, Safad, Haïfa, Yafa, Akka, al-Lid, Majdal, Asdud, Bayt Jarja, Bayt Darras, Na’alya, Brayr, Yubna… » et levé le drapeau palestinien et la carte de la Palestine.

Les Palestiniens de Gaza préparent pendant la semaine, avant le 6 avril, des pneus et des miroirs en vue d’aveugler les snipers sionistes. Ils ont l’intention, et ils l’ont massivement fait, de brûler les pneus. Les sionistes lancent un appel à l’OMS sous le prétexte que les Palestiniens polluent. Au cours de la journée du 6 avril, les sionistes ont essayé d’éteindre les feux en lançant les eaux usagées. Mais les colonies situées aux abords de la bande de Gaza ont reçu leur dose de fumée noire. Le « vendredi du caoutchouc » est le surnom donné par les marcheurs du retour. 

Dans un communiqué, le conseil national des tentes du retour affirme que la marche du retour va se poursuivre, avec des manifestations populaires et des activités dans les tentes du retour. Il a appelé les masses à une large participation pour que « la culture de la résistance soit une part inséparable de la vie quotidienne du citoyen palestinien ».

Dans al-Quds, et à l’appel des personnalités religieuses de la ville, la prière du vendredi 30 dans la mosquée al-Aqsa a été massivement suivie, pour faire échec à sa profanation par les colons, pendant que toutes les mosquées des alentours ont fermé leur porte pour se diriger essentiellement vers la mosquée al-Aqsa.

En Cisjordanie, des marches populaires ont eu lieu dans les principales villes le vendredi 6, pour protester contre les décisions américaines. Des dizaines de Palestiniens ont été blessés lors des affrontements avec l’occupant, et asphyxiés par les gaz lacrymogènes. Dans la ville d’al-Khalil, après que les autorités d’occupation aient interdit l’appel à la prière dans sa mosquée, des marches populaires ont affronté l’occupant. Les jeunes ont lancé des pierres sur les soldats. Dans la province de Ramallah al-Bireh, 6 Palestiniens ont été blessés, d’autres furent asphyxiés, lors des affrontements à l’entrée d’al-Bireh. A l’entrée du village Al Mazra’a al-shamaliyya, les forces sionistes ont réprimé une marche de la population contre le plan de colonisation de la zone. Dans la province de Nablus, les Palestiniens ont lancé des pierres contre les soldats près des villages de Bayta et Kfar Qalil.

Le 30/3, d’imposantes manifestations ont eu lieu à l’occasion de la journée de la terre, dans l’intérieur occupé en 48. A partir de Sakhnine, Arraba et Dayr Hanna, les manifestants se sont rassemblés dans Arraba, pour une célébration centrale de la journée, appelée par le comité de suivi des masses arabes palestiniennes. Dans al-Naqab et le Triangle, et dans les principales villes palestiniennes, des manifestants ont affirmé l’arabité de la terre palestinienne.

Répression et purification ethnico-religieuse

Le président du pouvoir local sioniste en Haute-Galilée a décidé d’arrêter les offres d’achat d’appartements quand il a découvert que les acheteurs étaient en majorité des Palestiniens, déclarant qu’il voulait que cette région soit juive. 

La vague de destructions de maisons dans les territoires occupés en 48 se poursuit : 2200 constructions diverses ont été démolies par l’occupant, sous le prétexte qu’elles n’ont pas été autorisées. Parmi les maisons démolies, plusieurs centaines dans le Naqab occupé, pour faire place à la colonisation sioniste.

Des centaines de colons attaquent le village Bayta, au sud de Nablus. Ils se sont mis à lancer des pierres sur les citoyens. Les colons ont attaqué et envahi le site archéolgique de Sebastia et démoli les instructions installées par le ministère du tourisme de l’Autorité palestinienne. Ils ont également posé des barbelés autour du site pour empêcher les citoyens d’y accéder. 

Les colons on envahi le village de Samou’, protégés par l’armée d’occupation, ayant déniché un lieu « juif », qui est l’église romaine du village. 

La municipalité de l’occupation entend construire 5700 unités coloniales de logement dans la zone, qui s’ajouteraient aux milliers qu’ils ont prévus de construire ces derniers mois. Un nouveau plan de colonisation vise à séparer les villes de la Cisjordanie de la ville d’al-Quds en implantant 600 unités coloniales de logement au nord-est de la ville occupée d’al-Quds. Un autre plan consisterait à construire 500 unités coloniales dans la colonie « Har Barakha » près de Nablus. D’autre part, l’armée sioniste s’est chargée de nettoyer des terrains des mines qu’elle avait installées, dans le but de coloniser ces terres, situées dans toute la Cisjordanie occupée. Les autorités sionistes étudient le projet d’agrandir la colonie « Nof Zahaf », dans Jabal al-Mukabbir, en construisant 600 unités coloniales.

L’autorité coloniale a attaqué le village d’al-Walaja, le 28/3 et démoli la maison de Nader Abu Khiara, en cours de construction (28/3). 

Le 20 mars, 300 soldats de l’occupation investissent le camp de She’fat, accompagnés d’un hélicoptère. Des dizaines de maisons ont été fouillées, avec des chiens, les Palestiniens ont été agressés, les fenêtres des maisons brisées. Plusieurs magasins ont vu leurs portes cassées.

 6 Palestiniens ont été blessés, le 23/3 à Abu Diss. Le 25/3, les forces de l’occupation ont attaqué la procession du Dimanche des Rameaux dans al-Quds, et ont frappé les participants.

L’occupant arrête un dirigeant du mouvement du Jihad islamique en Palestine, Bassam Saadi (58 ans). Des affrontements ont eu lieu avec l’occupant lors de cette arrestation. Bassam Saadi était poursuivi par l’occupant depuis 5 ans. Il avait été libéré la dernière fois en 2013.

Les arrestations des Palestiniens, dans al-Quds et en Cisjordanie occupées, n’ont pas cessé. Le 21 mars, 35 Palestiniens ont été arrêtés, dont 20 du camp She’fat dans al-Quds, parmi ces derniers Ibrahim Jamil Alqam et ses deux fils, Mahmoud et Jamil. Le 7 avril, 28 Palestiniens sont arrêtés par l’occupant en Cisjordanie.

L’occupant arrête 6 enfants dans al-Issawiya (al-Quds) le 2/4, âgés entre 13 ans et 17 ans. Au cours des affrontements qui ont eu lieu à Abu Diss, entre occupant et occupés, 98 Palestiniens ont été blessés le 2 avril. 

Facebook est un allié précieux pour l’occupant. Sa direction a fermé la page officielle du FPLP, selon un communiqué du FPLP. De plus, Facebook a accepté de fermer les comptes de plusieurs journaux palestiniens, suite à la demande formulée par l’entité coloniale. Ces pratiques répressives montrent que l’occupant craint que l’opinion mondiale ne lui soit hostile si les Palestiniens parvenaient à transmettre les informations le concernant.

Profanation des lieux saints

Le 26 mars, la police sioniste autorise les colons à pratiquer des rites talmudiques dans la zone des palais omeyyades au sud de la mosquée al-Aqsa. Cette zone était interdite aux colons jusque là, par crainte de susciter la crainte et la colère des musulmans. De leur côté, plusieurs organisations talmudiques ont appelé les musulmans à sortir de la mosquée al-Aqsa, parce qu’elles avaient l’intention de faire des rites religieux. Elles ont placardé des appels aux portes de la mosquée. Le 25/3, le tribunal de l’occupant autorise les colons à prier aux portes de la mosquée al-Aqsa. Avant les Pâques, les colons ont investi la mosquée al-Aqsa par dizaines, tous les jours, protégés par les services sécuritaires sionistes.

Les fêtes de Pâques juives sont l’occasion pour les sionistes de profaner toutes les mosquées et pour interdire aux Palestiniens de circuler librement dans leur pays et leurs villes, visées par la judaïsation. Plus d’un millier de colons fanatiques ont profané la mosquée al-Aqsa au cours de ces fêtes : 260 colons le 3 avril, sous protection serrée des policiers de l’occupation. Le 4/4, 381 colons et membres des services sécuritaires de l’occupant ont profané la mosquée. La police sioniste a fermé la porte al-Maghariba après leur profanation, et ont interdit aux fonctionnaires de la commission de rénovation d’entrer dans la mosquée. 

L’occupant interdit l’appel à la prière dans la mosquée al-Ibrahimi dans al-Khalil. 


Dans les prisons de l’occupation

Umar Keswani, qui fut kidnappé à l’intérieur de l’université de Bir Zeit, a entamé la grève de la faim le 19/3, pour protester contre la sauvagerie des méthodes utilisées par le Shabak lors des interrogatoires. Il est parvenu à raconter à son avocat qui lui a rendu visite dans la prison Moskobiyya : il est détenu dans une cellule de 2m sur 2m, infestée par les insectes, avec une petite ouverture pour faire passer l’air. Il a été frappé sur tout le corps, les instructeurs du Sjabak ont utilisé des batons électriques. Il a subi des interrogatoires de 18 heures d’affilée, sans possibilité de dormir et ils l’ont attaché à une chaise en fer. Après 18 jours de lutte, il a arrêté la grève. 

La grève des tribunaux sionistes par les détenus administratifs se poursuit depuis presque deux mois.

7 prisonniers mènent, début avril, la grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements et l’isolement, la négligence médicale et la détention administrative. Le prisonnier Mus'ab Hindi de Nablus, en grève de la faim depuis 28 jours,victime de la détention administrative depuis un an. Il avait été détenu auparavant pendant 9 ans.

Le prisonnier Bashir Abdullah Khatib, 56 ans, de Ramleh, en Palestine occupée en 48, en grève de la faim depuis 27 jours, pour négligence médicale. Condamné à 35 ans, ce combattant de la liberté est détenu depuis 1988.
Le prisonnier Adil Shehade de Nablus, en grève de la faim depuis 23 jours, en protestation contre les mauvais traitements du Shabak sioniste dans la prison Jalameh. Il a été arrêté en mars dernier.
Le prisonnier Salih Abu Sawawin, de Wadi Salqa, à Khan Younes, mène la grève de la faim depuis quelques jours protestant contre son isolement individuel dansla prison de Ramon. Le prisonnier Sami Janazra, 45 ans, du camp al-Fuwar à al-Khalil, poursuit sa grève depuis 11 jours contre la détention administrative. La direction carcérale de l’occupation l’a placé en isolement, malgré son état critique. Il avait déjà mené la grève de la faim pendant 70 jours auparavant et a été arrêté en décembre 2017. 

Le prisonnier Ayman Ibteish, 37 ans, de Doura (Al-Khalil), poursuit la grève de la faim depuis 3 jours pour protester contre son isolement individuel et la prolongation de son isolement dans la prison de Ramon. Arrêté en août 2016, et placé en détention administrative, Ayman Ibteish avait mené auparavant la grève de la faim contre la détention administrative. Il a été arrêté plusieurs fois et détenu pendant plus de 13 ans. De la prison où il est détenu, sheikh Khodr Adnane a lancé un message de solidarité avec Ayman Ibteish, disant que l’ensemble des prisonniers du mouvement du Jihad islamique envisagent un mouvement pour faire sortir Ayman Ibteish de l’isolement.

L’occupant a arrêté depuis octobre 2015, date du délbut de l’Intifada al-Quds, 4737 enfants palestiniens âgés entre 11 et 18 ans.

Le tribunal central de l’occupant sioniste dans la ville de Haïfa refuse la libération de sheikh Raed Salah, dirigeant du mouvement islamique dans les territoires occupés en 48, alors que le tribunal primaire avait prononcé sa libération conditionnelle.

La prisonnière Amani Hsheim d’al-Quds a été condamnée à 10 ans de prison le 25/3, accusée d’avoir exécuté une opération de la résistance. La prisonnière Jiyana Hayawi, 20 ans, de Bir Nabala, au nord ouest d’al-Quds, a été condamnée à 22 mois de prison et une amente de 4000 shekels. Le tribunal de l’occupation a prolongé le 27/3 la détention de l’enfant maqdissi blessé Assadeddine Abulhawa, 14 ans, d’at-Tur. Il avait été arrêté dans l’hôpital où il était soigné.

La liste noire des normalisateurs et lutte contre la normalisation

Le prince héritier Mohammad B. Salam adopte la version sioniste de la fondation de l’entité coloniale. Pour la première fois dans l’histoire des Arabes et musulmans, ce criminel ose prétendre que l’entité sioniste est légitime, dans une interview accordée à un journal américain. Jusque là, des dirigeants arabes et musulmans ont accepté le « fait accompli », sans accorder une légitimité à la colonie. Le prince héritier saoudien est immédiatement suivi par l’ancien premier ministre Qatari, Hamed b. Jassem, qui adopte la version sioniste de l’histoire, « en toute conviction ».

Le 25 mars, une équipe « israélienne » a participé au rallye organisé à Abu Dhabi. Elle affirme avoir été bien accueillie par les « citoyens » de cet émirat. Selon la presse sioniste, les « Israéliens » sont entrés avec leurs passeports. C’est la première fois que les « Israéliens » participent à une manifestation sportive, invités par les organisateurs émiratis, et non pas sous la pression des organismes internationaux sur les Emirats. Mais la normalisation des relations entre les Emirats et l’entité coloniale ne s’arrête pas aux détails des participations sportives, puisque les Emirats ont participé à une manœuvre militaire avec l’armée d’occupation en Grèce, quelques jours plus tôt. 

Le 28/3, le ministre sénégalais des affaires Etrangères profane la mosquée al-Aqsa, en compagnie et sous la protection des colons sionistes. 

Le conseil des Ulémas et des prédicateurs d’al-Quds renouvelle dans un communiqué publié le 25/3/2018 sa condamnation de la normalisation avec l’occupant sioniste et décrit les normalisateurs comme des individus sortis des rangs des musulmans et arabes, et soumis à l’occupant. Le conseil considère que la normalisation actuelle avec l’occupant se déroule sous le prétexte fallacieux que la normalisation sera bénéfique à la cause palestinienne. En vue d’éclaircir la situation, le conseil affirme que « la Palestine a, tout au long de son histoire, rejeté les envahisseurs, tout comme le corps sain rejette la maladie », et que la solution se trouve dans le départ de l’occupation.

La presse palestinienne

Khaled Awadatullah écrit sur le site babelwad, à propos de la marche du retour : « la pratique de la marche est la forme réelle de la pratique militante populaire, au moment où le retour et la commémoration de la Nakba sont devenus des pratiques folkloriques symboliques. La marche du retour propose un acte réel et non symbolique… La résistance populaire est une résistance globale qui ne connaît pas le dualisme armé/non armé. Il ne faut pas que le slogan de la résistance populaire qui a été kidnappé soit un moyen de dénoncer implicitement ou clairement la résistance armée ».

Yassin Ezzedine écrit, à propos de l’utilité de la « marche du retour » (siteIshraqat), notant les points positifs de cette marche, comme le fait de corriger la boussole intérieure palestinienne vers la lutte contre l’ennemi sioniste, d’autant plus que la question du retour semblait être négligée depuis des années. Il pense que « la marche du retour » n’est qu’à son début, mais il faudrait la participation de la Cisjordanie et des Palestiniens de l’intérieur (48) et des réfugiés partout pour qu’elle prenne de l’ampleur et puisse exténuer l’occupant.

Antoine Shalhat reprend dans « al Mashhad al-Isra’ili » la description faite par un linguiste « israélien » de la « barbarie israélienne moderne » qui dit qu’elle est semblable à la « barbarie israélienne ancienne, mais dépourvue de honte ». La raison serait, d’après Shalhat, que l’armée (sioniste) et les colons agissent main dans la main. 

Le professeur Abdel Sattar Qassem explique que l’entité sioniste tue parce qu’elle craint le retour des réfugiés. « C’est la pire chose qu’elle peut entendre » et revendiquer le droit au retour est une question gagnante ». C’est pour éviter un tel mot que les Américains ont inventé l’idée de « deux Etats ».
 

Communiqués et déclarations

Le comité de suivi des masses arabes en Palestine occupée en 48 appelle les Palestiniens à célébrer la Journée de la terre : « cette commémoration historique, qui est le drapeau de notre lutte, pour rester dans notre pays, pour résister dans notre patrie, qui est le seul que nous avons, d’autant plus que nous poursuivons notre lutte pour conserver encore le peu de terre qui nous reste. »

L’archimandrite Atallah Hanna, de l’Eglise orthodoxe de Palestine, déclare après que les sionistes aient interdit à la procession religieuse de Pâques d’arborer le drapeau palestinien : « Ils ont réussi à ôter les drapeaux palestiniens par la force, car ils sont une force d'occupation dans al-Quds, mais ils n'ont pas pu ni ne pourront arracher notr appartenance palestinienne dans nos coeurs et notre conscience. Nous sommes Palestiniens,et cela demeurera que nous levions le drapeau palestinien ou qu'on nous en empêche, notre appartenance est à notre terre, à notre peuple et à sa juste cause".

Khodr Habib, dirigeant au mouvement du Jihad islamique, a déclaré le 31/3 : « Que l’armée d’occupation cible les manifestants pacifiques était prévisible à cause de la nature agressive de l’occupation sioniste. Mais le nombre de martyrs et de blessés n’empêche pas notre peuple de poursuivre à revendiquer ses droits, en premier lieu le droit au retour car personne n’oublie ses villes et ses villages dont il a été expulsé ».

Le porte-parole du mouvement du Jihad islamique en Palestine répond à Mohamad B. Salman, l’héritier du trône saoudien, qui a adopté la version sioniste du conflit : « Nous dénonçons et condamnons les déclarations de l’héritier saoudien au journal américain « the Atlantic », elles traduisent un abaissement et une course dangereuse pour plaire aux Etats-Unis et « Israël » au détriment des droits et constantes arabes et islamiques, comme elles montrent une ignorance évidente des réalités de l’histoire et de la nature du conflit. » Daoud Shihab a affirmé que « le droit de notre peuple est absolu et non relatif, c’est un droit qui n’accepte ni le partage ni la concession ». 

Yehia Senwar, dirigeant du mouvement Hamas à Gaza, a déclaré « le vendredi du caoutchouc » : « Nous suivons la voie du martyr Yasser Arafat qui a équilibré entre les formes de la résistance », affirmant que « Gaza ne souffrira pas de la faim et n’abandonnera pas le projet national. Si nous explosons, c’est en face de l’occupant que nous le ferons ».

Dans la colonie

L’entité sioniste tente de diffuser sa propagande, à travers le cinéma et la télévision, à l’opinion publique internationale. La série concoctée récemment « Anarchie » et diffusée sur Netflix raconte les faits d’armes de la brigade des infiltrés (musta’ribun), qui ont récemment enlevé l’étudiant Umar Keswani dans les locaux de l’Université de Bit Zeit. Dans la série, les Palestiniens sont déhumanisés alors que les infiltrés sont des humains, qui assassinent, menacent, kidnappent et torturent, au service de l’occupant. Une série à la gloire du crime organisé !

Une autre série télévisée, concernant les Arabes juifs ayant été obligés d’émigrer vers l’entité sioniste, suscite une vague de remous dans la société coloniale, car elle rappelle l’accueil qui leur a été fait, le racisme envers eux, les menaces qu’ils ont subies pour les obliger à participer à la colonisation des villages palestiniens « abandonnés ». Il semble bien que la progéniture de ces Arabes Juifs aient oublié l’humiliation de leurs parents par l’institution coloniale ashkénaze. Les « protocoles » des réunions des divers bras de cette institution sont sans ambiguité aucune : l’agence juive menace d’enlever les enfants de ces familles si elles refusent de s’installer dans les lieux « abandonnés » par les Palestiniens. Un fonctionnaire de cette même agence raconte : les Arabes juifs entassés dans des camions étaient basculés et jetés par terre, après qu’il ait donné l’ordre, car ils refusaient d’en descendre pour s’installer dans les villages palestiniens.

Du côté de l’Autorité palestinienne

Les services sécuritaires de l’AP ont arrêté récemment 97 militants, dont de nombreux prisonniers libérés des geôles de l’occupation, après le discours de Mahmoud Abbas, menaçant la bande de Gaza d’un surplus de sanctions. Les arrestations ont visé principalement les militants du Hamas et du mouvement du Jihad islamique. Le premier ministre de l’AP Rami Hamdallah n’a pas encore mesuré le changement opéré dans la bande de Gaza, avec la marche du Retour, puisqu’il ne cesse de réclamer qu’il veut « toute la bande de Gaza » et tous les dossiers, en même temps.


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